Le pro bono, pour donner du sens à vos compétences !

Qu’est ce que le pro bono ?

Pratique courante des cabinets d’avocats, le terme est pourtant encore peu connu du grand public. Pro bono est l’abréviation de l’expression latine pro bono publico, qui signifie « pour le bien public ». Il désigne l’engagement volontaire de personnes mettant leurs compétences professionnelles au service de l’intérêt général.

Le pro bono peut prendre deux formes 

  • Le mécénat de compétences, qui consiste à mettre à disposition des collaborateurs sur leur temps de travail pour réaliser des actions d’intérêt général mobilisant ou non leurs compétences.
  • Le bénévolat de compétences, qui permet de mettre gratuitement, sur son temps personnel, un savoir-faire à la disposition d’une association de solidarité le temps d’une mission.

Pour quoi sont utilisées les compétences mises à disposition ?

Les bénéficiaires des missions de pro bono sont des structures à finalité sociale, c’est-à-dire des associations le plus souvent, mais aussi des fondations et fonds de dotation, des mutuelles, … qui ont une action dans le domaine de l’action sociale, la culture, l’environnement, les loisirs, la vie sociale, etc.

La pratique du pro bono, une tendance qui prend de l’ampleur 

Partager ses compétences pour l’intérêt général, sur son temps de travail ou son temps libre, est une pratique qui se développe dans les entreprises françaises et qui convainc par l’ensemble de ses vertus, individuelles et collectives. De plus en plus d’entreprises mécènes (soit 20% des entreprises françaises) proposent donc à leurs salariés de s’investir pour des causes d’utilité sociale : ils représentent aujourd’hui plus d’un quart des actifs français. Et cette tendance n’est pas prête de s’inverser, aux vues de l’appétence du public pour la démarche : 80% des français souhaiteraient faire du pro bono.

Les bienfaits du pro bono pour les salariés

Les multiples dimensions du pro bono, engagement riche et vertueux, se retrouvent dans les motivations et les bénéfices qu’en tirent les personnes qui le pratiquent : l’intégration à la société et le besoin d’y retrouver une place, l’acquisition de compétences, le fait de sortir du cadre, la quête de sens.

Trouver une place au sein de la société

Le pro bono répond à la nécessité de se sentir utile et de jouer un rôle fort dans la société et la vie locale. “Le pro bono, c’est vraiment du donnant-donnant : cela répond à la demande des structures que j’aide, et je me sens plus utile.” témoigne Dounia, qui a déjà effectué plusieurs missions auprès de diverses associations sur Paris. Le fait de mettre ses compétences à disposition sur des projets à impact positif contribue au fait de trouver sa place, dans le monde du travail mais aussi au-delà.

(Re)donner du sens à son travail

Le pro bono est également lié à la question de l’engagement et de la quête de sens : il permet de répondre à des besoins sociaux, via l’engagement d’individus riches de leurs parcours et de leurs aspirations. C’est l’occasion pour eux de donner du sens à ce qu’ils font quotidiennement, de renouer avec l’entreprise, tout en découvrant un nouveau milieu et de nouvelles personnes. 

Véronique d’Estaintot l’observe au sein de l’association Parents & Talents, dont elle est co-fondatrice : “Les participants sont étonnés de ce qu’ils découvrent, ça leur apporte une certaine fraîcheur. Ils réalisent que les compétences développées dans le cadre professionnel peuvent être mises au service de projets porteurs de sens, avec un enjeu de société”. Ils sont ainsi 39% à affirmer avoir retrouvé du sens à ce qu’ils font.

Développer et valoriser ses compétences

S’engager pro bono auprès d’une structure à finalité sociale ou d’un individu est aussi l’occasion de développer ou révéler ses compétences. “J’utilise mes compétences en communication, notamment digitale, en relations publiques et institutionnelles, et en recherche de financements. Cela m’a permis de développer mes compétences, notamment en communication.” confirme Dounia. Ainsi, 50,5% des professionnels disent développer de nouvelles compétences professionnelles après un engagement en pro bono et 22% disent même avoir découvert en eux des compétences qu’ils ne soupçonnaient pas.

En rencontrant une personne ou un groupe pour travailler sur une problématique précise, ce sont aussi les fameuses compétences comportementales, ou soft skills, qui entrent en jeu : le travail en équipe, l’écoute de l’autre, l’intelligence émotionnelle la capacité à trouver des solutions ensemble et surtout l’adaptation à un nouvel environnement éloigné de son quotidien habituel. “Le fait d’aider des associations dans des domaines différents m’ont permis de développer de l’intérêt pour des thèmes variés, que je n’aborde pas dans le cadre de mon travail.” déclare ainsi Cécilia, salariée volontaire à Paris.

Crédit photo : Kaleidico, Unsplash

Le pro bono, une démarche qui profite à tous

Un levier de développement de long terme pour les structures à finalité sociale

Pour Marguerite Mboulé, fondatrice et directrice de l’association Arts 93 Communique, “le pro bono est quelque chose d’intéressant et d’utile parce qu’il nous permet d’avoir un regard professionnel et objectif sur notre propre structure et notre activité.” Au-delà de répondre à l’obligation de se professionnaliser, le pro bono devient ainsi une véritable alternative pour ces structures dans leurs stratégies de développement ou de changement d’échelle.

Un réel impact social

D’autant plus que le monde associatif français est actuellement confronté à d’immenses défis : baisse des subventions publiques, concurrence dans la recherche de fonds privés ou vis-à-vis de la commande publique, mesure de son impact… Le pro bono répond aussi à ces enjeux de société et c’est là que l’engagement par le partage de compétences prend tout son sens.

Un système qui bénéficie à toutes les parties prenantes

“Être accompagné permet d’éviter des coûts et apporte un savoir-faire non disponible dans l’association grâce à des professionnels experts d’un domaine. En retour, nous leur apportons du sens et une motivation, ce que recherchent bien des entreprises. C’est un cercle vertueux.” déclare Véronique Jean, fondatrice de l’association Clown’Up. 82% des structures à finalité sociale souhaitent en effet accéder à de nouvelles compétences, sans forcément trouver de solution adaptée à leurs besoins. Le pro bono cherche donc à répondre à ce manque de moyens des associations et des collectivités, mais aussi aux attentes des citoyens et crée du dialogue entre les différents acteurs de la société.

Crédit photo : Kat Yukawa, Unsplash

Comment s’engager en pro bono ?

Un système qui souffre encore d’un déficit de notoriété

Le manque d’informations est un frein qui subsiste encore au développement de cette pratique. Une majorité des français ignore encore précisément ce qu’est le pro bono et les interlocuteurs ne sont pas forcément bien identifiés… Vous faites d’ailleurs peut-être partie de celles et ceux qui souhaiteraient partager leurs compétences avec des organisations à finalité sociale, mais qui manquent d’informations et de temps pour rechercher des missions qui correspondent à leurs attentes et leurs compétences.

Une solution pour tous ceux qui souhaitent laisser une empreinte positive sur la société

Le pro bono s’adresse à tous types de profils : professionnel en poste ou en reconversion, demandeurs d’emploi, étudiants ou retraités… Tout le monde a des compétences à partager ! Nous avons tous en nous une richesse qui peut servir à faire avancer les transformations sociétales indispensables aujourd’hui.

Je veux faire du pro bono : comment m’y prendre ?

Vous avez envie de vous engager et de partager vos compétences avec des projets positifs ? Voici quelques ressources pour vous aider :

Pour démocratiser la pratique du pro bono et permettre à chacun de s’emparer des fondamentaux de sa mise en oeuvre, le Pro Bono Lab a créé “Le pro bono (pour tous) en pratique”, un guide pratique qui définit et recense l’ensemble des étapes de mise en oeuvre de l’engagement par le partage de compétences (bénévolat/mécénat de compétences) pour toutes ses parties prenantes : associations, volontaires, entreprises et institutions. Pro Bono Lab est le spécialiste de l’engagement par le partage de compétences. Il fédère ainsi les compétences des collaborateurs de 80 entreprises partenaires et celles de 5 000 volontaires.

Vendredi accompagne les individus, les entreprises et les projets à impact social afin de permettre au plus grand nombre de s’engager pour la société. Ils proposent aux salariés de “faire un vendredi”, c’est à dire dédier un jour par semaine à une start up sociale sans changer de travail ! Vous trouverez dans l’ouvrage qu’ils ont réalisé des exemples inspirants de salariés qui s’engagent pour des associations et d’entreprises et d’associations pionnières de ce modèle, des bonnes pratiques pour mettre en place le mécénat de compétences dans une entreprise ou une association, ainsi que des réponses techniques à toutes les questions fiscales, administratives et juridiques, pour mettre en place du Mécénat de Compétences.

BeneNova, c’est une association qui propose des missions de bénévolat courtes pour différents projets associatifs. Le principe ? Vous choisissez une action de terrain selon vos disponibilités (les actions durent 4 heures maximum). Le jour J, vous réalisez votre mission, avec un vrai impact sur le terrain, via des actions construites avec des associations locales. Toutes les actions sont collectives : seul.e ou accompagné.e, c’est l’occasion de faire de belles rencontres !

MakeSense est une organisation internationale qui facilite la collaboration entre citoyens, entrepreneurs et organisations pour résoudre les problèmes sociaux et environnementaux. Un Hold Up, c’est un atelier de créativité collectif selon la méthode de MakeSense : un défi, des idées, des solutions, et de la bonne humeur ! Plusieurs bénévoles donnent deux heures de leur temps pour aider un entrepreneur social à résoudre une problématique donnée, en intelligence collective. Consultez leur agenda pour connaitre les dates du prochain Hold Up. 

Panorama du pro bono 2019 (Pro Bono Lab, avril 2019)

Sources de l’article : communiqué de presse du Pro Bono Lab du 30 avril 2019, Deuxième édition du Panorama du pro bono réalisé par le Pro Bono Lab (2019)

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