Marc, la rénovation énergétique des bâtiments au service du climat

Afin de vous aider à trouver le job de sens qui est fait pour vous, des heureux travailleurs ont gentiment accepté de partager un bout de leur histoire…

Nous avions déjà réalisé le portrait de Marc en 2018, il nous parle aujourd’hui du chemin qu’il a parcouru depuis.

Qui es-tu ?

“Je m’appelle Marc, j’ai travaillé pendant de nombreuses années dans le monde de l’informatique et de la data. J’avais un poste dans une multinationale orientée marketing, dont l’objectif était d’inciter les personnes à la consommation… 

Mes convictions en matière d’écologie et d’environnement se sont renforcées au cours du temps, jusqu’au point où j’avais l’impression de faire le grand écart entre ces dernières et mon métier.”

Quel a été ton déclic pour trouver ton job de sens ?

“Je me suis beaucoup investi au niveau associatif, dans des structures comme Terre de Liens. J’ai réduit mon temps de travail pour devenir administrateur de cette association pendant plusieurs années. Mais ce n’était pas suffisant : passer 2 jours de la semaine à “faire le bien” et 3 jours à “ramer à contre sens”, la balance n’est pas bonne !

Alors que j’étais en plein questionnement, j’ai entendu parler de Mon Job de Sens. Je n’avais pas envie de faire une validation des acquis d’expériences ou un bilan de compétences classique. Je savais que ça ne me conviendrait pas et qu’ayant travaillé toute ma vie dans l’informatique, ils allaient me diriger vers ce domaine. 

Quand j’ai compris que Mon Job de Sens avait une approche plus humaine et s’intéressait aux envies des personnes, pas seulement à leurs compétences, j’ai sauté le pas.”

Qu’est-ce qui t’a aidé à te lancer ?

“L’accompagnement m’a permis de m’intéresser à un domaine que j’avais déjà envisagé il y a quelques années : la rénovation des bâtiments.

J’ai alors fait des recherches pour savoir comment mettre en œuvre ce projet. J’ai commencé par l’autoformation en suivant des MOOC sur le bâtiment durable, avant de m’inscrire à une formation sur l’audit, orientée diagnostic et thermique du bâtiment en 2019. 

En parallèle, ma structure a réalisé un “plan de sauvegarde de l’emploi”, c’est-à-dire une vague de licenciements. J’en ai profité pour quitter mon entreprise et me concentrer sur mon projet. 

J’ai rejoint une CAE (Coopérative d’Activité et d’Emploi) spécialisée dans les métiers du bâtiment et l’écoconstruction, Alter-Bâtir, qui est basée à Paris. Comme les autres CAE, elle rassemble des professionnels de métiers différents qui souhaitent développer leur propre activité tout en évoluant dans un cadre collectif et en bénéficiant d’un statut de salarié. Cela permet notamment de bénéficier d’une période d’accompagnement au lancement de son activité.”

A quoi ressemble ta vie professionnelle aujourd’hui ?

“J’ai commencé mon activité dans le domaine de la thermique de bâtiment. Je me suis concentré sur la partie audit, car c’est plus complet. On va plus loin dans l’analyse en proposant un scénario basse consommation et on permet au client de se projeter dans le projet de rénovation. L’aboutissement est donc plus concret que du simple diagnostic. 

Je travaille sur des maisons individuelles mais aussi des logements collectifs. Dans ce cas, je le fais avec des collègues de la coopérative, d’autres thermiciens comme moi ou même avec d’autres corps de métier lorsque c’est nécessaire.

J’ai aussi rejoint le groupe des formateurs et accompagnateurs experts de Dorémi, issu de l’association Negawatt, pour faire de la rénovation complète et performante. Pour moi, c’est encore plus concret que l’audit. 

Dorémi, qui est une structure de l’ESS, rassemble des artisans engagés issus de divers corps de métiers. Se coordonner pour travailler ensemble sur la rénovation d’un bâtiment est la meilleure façon d’optimiser son efficacité énergétique.

Depuis quelques mois, je fais de la formation au sein du réseau pour accompagner des artisans sur des rénovations globales. En repensant aux intentions que j’ai posées à l’issue du parcours Mon Job de Sens, je suis fier de ce que j’ai réalisé et d’avoir rejoint ces réseaux.” 

Peux-tu nous parler du secteur dans lequel tu travailles ?

“Il est clair que la rénovation énergétique est indispensable pour atteindre les objectifs mis en lumière notamment par la Convention Climat. Le bâtiment est le poste numéro un dans la consommation d’énergie (43%) et numéro deux dans les émissions de gaz à effet de serre (25%). S’attaquer à ces enjeux, c’est s’attaquer au problème du climat aujourd’hui.

Pour aller plus loin, dans la réglementation énergétique 2020, des efforts ont été faits sur les émissions de gaz à effet de serre et l’analyse du cycle de vie. Cela signifie que dans le bâtiment, il est tout aussi important de prendre en compte sa construction et sa déconstruction en fin de vie, ainsi que les matériaux à l’intérieur. 

Ce n’est pas toujours évident dans la rénovation à cause du financement, des aides possibles, etc. Pour des raisons économiques, nous sommes parfois contraints d’utiliser des matériaux à impact négatif. Personnellement, je suis évidemment pour travailler avec du biosourcé et du low tech.

C’est d’ailleurs ce que j’aimerais mettre en œuvre au sein d’Alter-Bâtir. Les fondateurs ont toujours souhaité faire de la construction et de la rénovation avec des matériaux sains. J’aimerais mettre en place un système plus vertueux dans ce domaine-là au sein de la coopérative. 

Et puis je rêve de monter un jour un groupement d’artisans Dorémi à Cergy. Et pourquoi pas, rénover ma propre maison au niveau basse consommation !”

Quelles ont été les difficultés et les peurs rencontrées ?

“Au moment de me lancer dans ma transition professionnelle, j’avais de nombreuses craintes, notamment celle de perdre un emploi stable pour partir vers l’inconnu. Dans mon domaine, je savais qu’il serait difficile de trouver directement un CDI et le côté financier m’inquiétait. Le parcours Mon Job de Sens m’a vraiment aidé à pallier les risques et à surmonter mes peurs.

La crise sanitaire a d’ailleurs retardé certains projets et mon activité a fortement diminué en 2020. Mais devenir salarié de la coopérative en mai 2021 m’a permis de trouver un équilibre financier et de faire progresser mon activité.

D’où l’importance d’apprendre à gérer ces peurs qui peuvent nous paralyser. En avançant dans mon projet, j’ai osé ouvrir des portes qui m’ont permis de découvrir de nouvelles choses et de faire le pas suivant.

En me formant, j’ai pu acquérir certaines bases que j’ai complétées sur le terrain en réalisant des chantiers. Mais encore aujourd’hui,  je ne me sens pas encore complètement prêt et je m’interroge parfois sur ma capacité à prendre en charge certaines missions. 

J’ai appris à me détacher de ce syndrome de l’imposteur et à me motiver malgré les difficultés. Il ne faut pas hésiter à s’appuyer sur son réseau lorsqu’on a des doutes. Dans ces moments, je m’appuie sur mes collègues thermiciens au sein de la coopérative pour demander conseil.

Faire partie de ces réseaux a un autre avantage : celui de ne pas avoir à chercher de clients lorsque l’on a, comme moi, des collègues très performants sur ce point et pouvant partager des missions. La prospection est un peu mon point faible, donc ça me convient bien.

J’aimerais développer la partie audit individuel de mon activité, mais je n’arrive pas à dégager du temps pour cela pour le moment.” 

Des conseils à partager ?

“Quand on a une activité qui nous intéresse et qui nous fait vivre, on se dit qu’il faut y consacrer tout son temps. Mais je conseille de garder du temps pour soi pour ne pas tomber dans l’excès et éviter le burnout du militant. Il faut trouver un rythme décent pour pouvoir respirer.

Un exercice que je pratique régulièrement est d’écrire mes points d’étapes. Au cours des 3 dernières années, j’en ai écrit 8. Pour cela, je prends du recul sur ma situation en me posant 3 questions : 

  • Qu’est ce que j’ai fait depuis l’étape précédente et est-ce en ligne avec ce que j’avais prévu au départ, en particulier dans mon scénario de vie de Mon Job de Sens ?
  • Quel est mon sentiment sur ma situation actuelle ?
  • Quelles sont les prochaines étapes ?

Cela me permet de voir là où j’en suis, comment je trace mon chemin, quelles portes s’ouvrent ou se ferment devant moi…”

Un grand merci, Marc, pour ton témoignage !


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