Etude Birdeo 2021 : les tendances de l’emploi à impact décryptées

Comme chaque année, Birdeo, cabinet de recrutement et de chasse de tête, pionnier et leader pour les métiers du développement durable, vient de publier son étude auprès des professionnels de la RSE et du DD. Ce rapport annuel cherche à “évaluer les tendances du marché de l’emploi face aux défis sociétaux, environnementaux et sociaux”, mais aussi “mettre en lumière l’évolution de ces métiers”. 

Suivre les évolutions du marché de l’emploi pour favoriser la transition

Pour Caroline Renoux, fondatrice de Birdeo, c’est un moyen de “soutenir cette dynamique essentielle à la mutation nécessaire vers une économie durable”. Dans son introduction à l’édition 2021, elle rappelle :

“Il y a une quinzaine d’années, souvenons-nous, il fallait être sacrément convaincu et courageux (certains diront même “marginal”), pour renoncer à un salaire fixe, régulier et évolutif, comme à un plan de carrière souvent tracé, et se lancer dans la désormais célèbre quête de sens.”

Nous pouvons confirmer, en tant qu’experts de l’accompagnement vers une voie professionnelle à impact, que cette recherche de sens et d’engagement dans le travail est partagée par de plus en plus de personnes, et c’est tant mieux : les besoins des professionnels et du monde n’ont jamais été aussi convergents !

Une analyse de l’emploi à impact à destination de nos transitionneurs

Avec cet article, nous souhaitons donc faire un décryptage de cette étude à destination de nos lecteurs, en nous basant sur les interrogations soulevées par les 12 000 personnes qui ont assisté à nos conférences gratuites depuis 4 ans. 

Avant toute analyse, il nous semble important de rappeler que l’étude est auto-administrée, et non pas réalisée sur un panel représentatif. Le profil des répondants est donc largement orienté développement durable et RSE, des sujets portés généralement dans les grandes entreprises, en interne (salariés) ou en externe (consultants et cabinets de conseil). 

Ainsi, une large majorité des professionnels interviewés sont diplômés d’un BAC +5 ou plus. Or les métiers à impact au sens large offrent une plus grande diversité en termes de profils. Au-delà des postes dans le développement durable et la RSE, il existe en effet une multitude d’opportunités de carrière engagée, notamment dans l’Économie Sociale et Solidaire

Emploi à impact : un secteur marqué par un fort dynamisme

Le premier constat mis en évidence par l’étude est la vitalité du secteur :

“69% des managers du développement durable ont recruté au moins un salarié en 2020, et cette tendance ne devrait pas fléchir en 2021 (malgré la crise) car 67% des managers affirment être en manque d’effectif.” Des chiffres qui prouvent que le marché de l’emploi à impact est en pleine croissance et annoncent de nombreux postes à pourvoir dans ce secteur. 

D’autant plus que “la majorité des professionnels considère que les entreprises sont plus impliquées sur les sujets de RSE depuis le début de la crise sanitaire.” L’impact du Covid-19 semble donc plutôt favorable à la transition écologique des entreprises (lire notre article pour en savoir plus sur l’analyse des professionnels et employeurs de la transition sur l’impact de la crise sanitaire sur l’emploi).

Crédit photo : jcomp, Freepik

Un manque d’expertise sur des sujets de pointe… 

Par ailleurs, le secteur se structure et les recruteurs sont à la recherche de candidats de plus en plus spécialisés. 62% des professionnels déclarent manquer d’experts spécialisés dans un domaine particulier (climat, biodiversité, social etc.). “L’entreprise est face à un besoin d’expertise de plus en plus pointue et les projets de transformation s’accélèrent.”

Une véritable opportunité pour les experts indépendants, notamment auprès des PME/TPE à impact. Dans ce cas, savoir accompagner les modèles économiques compatibles avec la transition est clé. Accompagnateurs du changement et facilitateurs, c’est votre chance !

Qui ne nécessite pas forcément de formation ou d’expertise spécifiques au développement durable

Attention cependant : face à ce constat, il ne s’agit pas de vous jeter sur n’importe quelle formation en développement durable pour gagner en expertise ! Suivre une formation vous sera utile seulement si :

  • Vous avez besoin d’une certification spécifique pour exercer un métier
  • Vous devez acquérir des compétences (pas seulement des connaissances !)

Si vous avez besoin d’acquérir une culture générale en lien avec des sujets environnementaux, pour être capable de comprendre comment s’articulent les enjeux, de vulgariser pour vos clients ou collaborateurs, il existe de nombreuses ressources (livres, podcasts, MOOC, sites web, conférences…).

Il est d’ailleurs important de s’interroger sur la nature des compétences recherchées, qui n’est pas forcément en lien avec l’environnement ! Innovation, logistique, management du changement, marketing… Il existe une multitude d’expertises non spécifiques au développement durable, dont les structures à impact ont besoin. 

De nouvelles formations généralistes en développement durable fleurissent à chaque rentrée, mettant sur le marché du travail en fin d’année des milliers de diplômé.e.s qui sont bien plus nombreux que les offres d’emploi. 

Soyez prudents avant de vous lancer, demandez-vous concrètement quelle activité vous souhaitez faire. Ne fantasmez pas les métiers de responsable RSE ou consultant DD ! Echangez avec des personnes qui les pratiquent pour savoir s’ils vous conviennent véritablement. Tout le monde n’est pas fait pour rédiger un rapport annuel RSE, faire du suivi d’indicateurs ou mettre en place une norme dans une entreprise… 

Et rappelez-vous qu’un recrutement est basé sur les savoir-faire ET les savoir-être. Comme le dit Clotilde dans le récit de sa transition : “J’ai été embauchée pour qui j’étais”. Elle a véritablement appris son métier une fois en poste.

Des professionnels de la RSE mieux rémunérés mais des disparités selon le type d’entreprises 

Autre constat de l’étude : une amélioration globale des rémunérations. “Dans les entreprises privées, les niveaux de rémunérations se sont améliorés entre 2019 et 2020 et ce malgré le contexte de la crise sanitaire” avec une augmentation moyenne de +3,4% pour l’ensemble du secteur privé.

“En comparaison au secteur privé lucratif, les salariés du secteur non lucratif ont des rémunérations moyennes inférieures de 34%”. Concrètement, les salaires sont globalement plus élevés au sein des départements RSE et développement durable des entreprises privées traditionnelles que dans les associations, mutuelles ou fondations, à but non lucratif. 

A noter néanmoins que les structures de l’ESS vont au-delà de ces deux seuls types d’organisation, puisque les entreprises sociales en font aussi partie, comme Enercoop, Phenix, Recyclivre ou MonJob de Sens !

D’où la nécessité de se poser la question de la place que l’on accorde à l’argent. De nombreuses configurations sont en effet possible en fonction de ses aspirations et priorités : 

  • Passer à 80% (et perdre légèrement en rémunération) pour se consacrer à un projet à côté de son emploi (ou profiter de sa vie de famille tout simplement) en gagnant un jour par semaine.
  • Démissionner d’une grande entreprise à Paris pour prendre un poste dans une structure à impact en province avec un salaire revu à la baisse mais compensé par un coût de la vie moins important
  • Passer du salariat à l’entrepreneuriat, avec une rémunération moindre les premiers temps, mais avec de belles perspectives de développement ainsi qu’un gain d’autonomie et la possibilité de choisir les clients qui correspondent à vos valeurs.
  • Tout simplement chercher une rémunération “consciente” c’est-à-dire de se demander ce que finance réellement notre salaire chaque mois et redonner sa place à l’argent et tant que “moyens” et pas “finalité”…

Les entreprises sont-elles vraiment engagées ?

Même si la crise sanitaire semble plutôt favorable à la RSE, le manque de moyens consacrés à la transition durable dans les entreprises est pointée du doigt. Les professionnels interrogés jugent ces moyens nettement insuffisants, avec une note globale de 3.9/10. 

Il reste donc des efforts à faire concernant le virage sociétal à prendre par les entreprises. Heureusement, une proportion croissante d’entre elles, plus engagées, montrent la voie en étant certifiées ou en voie de certification. 

En tant que B leader (consultante qui accompagne les entreprises dans leurs démarches de  certification B Corp), Solenn Assathiany de Mélibée (et membre de la Communauté Mon Job de Sens) connaît bien le sujet : “Plusieurs labels peuvent attester d’un fort engagement RSE de l’entreprise. Trois labels généralistes coexistent actuellement. Il y a ceux qui sont français, LUCIE et “Engagé RSE” (basés sur la norme ISO 26 000), et un label international, B Corp, basé sur un autre référentiel. Par ailleurs, les sociétés à mission (qui est une qualité juridique et non un label), sont également des entreprises qui placent leur mission sociale et/ou environnementale au cœur de leur gouvernance.”

Pour elle, devenir B Corp permet de structurer l’engagement d’une entreprise autour de 5 grands sujets : la gouvernance, les clients, les collaborateurs, l’environnement et la collectivité. 

B Corp, une certification complète pour identifier les employeurs vraiment engagés

La démarche de certification B Corp est très complète, il faut avoir de nombreuses actions visant un impact positif sur plusieurs pilier pour espérer décrocher le label avec un score d’impact minimum de 80 points (sur 200). Il est possible d’être certifié en étant excellent en social et moins bon en environnement, mais le référentiel B Corp permet d’identifier et prioriser de nombreuses pistes d’amélioration, d’autant plus qu’il est nécessaire de se recertifier tous les 3 ans. Idéalement, il est préférable de faire croître son score d’impact au fil du temps.

“Une entreprise B Corp ne peut pas faire semblant. L’audit de certification est particulièrement exigeant” nous rassure Solenn. C’est devenu un moyen fiable d’identifier les employeurs qui s’engagent vraiment (voir le BC Directory). B Corp est accessible à tous types d’entreprises, mais ne concerne pas les associations ni les structures publiques (contrairement à LUCIE).

Une manière de favoriser et garantir un véritable engagement social, sociétal et environnemental de la part des entreprises, qui constitue aussi des pistes d’emploi si le consulting et la labellisation sont des sujets qui vous intéressent !

Pour télécharger l’étude Birdeo (2021) : https://birdeo.com/publications/

Sophie

Chargée de communication


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