En quête d’un métier à impact : les 7 erreurs à éviter

Vous songez à quitter votre emploi pour travailler dans une entreprise ou un secteur plus aligné avec vos valeurs, où vous pourrez vivre de votre engagement ? Félicitations ! Le Monde a besoin de personnes qui mettent leur énergie au service d’une cause qui les touche. Mais pour réussir votre virage professionnel et trouver le métier qui vous correspond, mieux vaut éviter certaines erreurs.

Quitter son emploi d’emblée pour partir en quête d’un métier à impact

On peut penser que quitter son boulot est la meilleure solution pour chercher sa voie. Profiter d’une période de chômage permet en effet de dégager du temps pour se concentrer sur son projet de changement professionnel. 

Mais attention, cela amplifie aussi notre besoin de sécurité et peut bloquer notre élan pour imaginer un futur professionnel “rêvé”. Difficile de se placer dans un état d’esprit créatif quand on stresse à l’idée qu’on a “juste” dix-huit mois de droits au chômage ! 

Le risque alors est de ne pas profiter de cette belle opportunité d’avoir un réel espace pour prendre du recul. Notre alarme s’enclenche et nous amène à prendre des décisions uniquement sécuritaires. Et le pire serait de retrouver un boulot pire que le précédent seulement pour retrouver un salaire rassurant. 

Vous avez déjà quitté votre job ? Ce n’est pas une mauvaise chose bien sûr ! Il faut composer avec. Prenez le temps de vous questionner sur les raisons profondes de votre départ. 

Relations avec vos collègues, environnement de travail, missions menées, degré d’autonomie, compétences utilisées, finalité de votre travail… Faites le point sur ce qui vous apportait ou non du sens et de la motivation, pour mieux définir les critères importants pour vous épanouir dans votre prochain emploi.

Mais si vous êtes encore en CDI et que votre quotidien n’est pas horrible ou surbooké, rester en poste pendant que vous réfléchissez à la suite peut être une solution plus confortable. 

Cela évitera aussi la pression que peut amener votre entourage dans ce genre de situation…

Ecouter tous les conseils de votre entourage 

Justement, même si vos proches vous veulent du bien, ils projettent sur vous leurs propres peurs (et c’est bien humain !). 

Des conseils a priori bienveillants comme “ne quitte pas ton CDI”, “ne te lance pas à ton compte, c’est trop difficile d’en vivre”, “avec la crise actuelle, il ne faut pas être trop exigeant” reflètent en réalité une peur de l’insécurité, du changement, du manque d’argent.

Ces bonnes intentions peuvent créer des blocages et vous paralyser dans votre envie de transition professionnelle. Écoutez vos proches, mais écoutez-vous plus que tout. Nous avons tous des “valises” à porter (angoisses, doutes) : pas besoin de porter celles des autres ! 

De plus, changer de job ne veut pas dire mettre en péril votre situation financière, loin de là ! Pour mieux comprendre votre relation à l’argent, on vous conseille la lecture de notre article sur le sujet. Et pour vous aider à dépasser vos peurs, utilisez notre outil conçu pour cela.

Se lancer dans une formation longue pour se sentir plus légitime face à un recruteur

Vous avez envie de vous tourner vers un métier à impact, mais vous manquez de connaissance et d’expertise sur les sujets liés à ce nouveau secteur. C’est bien normal, vous venez d’un domaine complètement différent ! Mais en conséquence, vous ne vous sentez pas du tout légitime pour être recruté.e.

Généralement, le premier réflexe est de vouloir se tourner vers une formation. Attention, cela peut être long et coûteux, alors que ce n’est absolument pas une étape nécessaire. 

Chaque année, de nouvelles formations généralistes en développement durable fleurissent, mettant sur le marché plus de diplômé.e.s qu’il n’y a d’offres… Suivre une formation vous sera utile seulement si :

  • Vous avez besoin d’une certification spécifique pour exercer un métier
  • Vous devez acquérir des compétences (pas seulement des connaissances !) ou savoir utiliser un outil particulier (qu’il soit numérique ou manuel)

Clotilde, l’une de nos transitionneuse, a préféré tenter une autre stratégie : s’appuyer sur ses talents et sa personnalité. Découvrez comment elle s’y est prise dans notre article Reconversion dans la transition écologique : gérer son syndrome de l’imposteur.

Par ailleurs, appuyez-vous sur vos compétences existantes. Gestion de projet, logistique, management du changement, gestion financière, marketing… Il existe une multitude d’expertises non spécifiques au développement durable, dont les structures à impact ont besoin. 

Si vous aimez encore votre métier (mais plus votre employeur), il y a fort à parier qu’une organisation engagée saura apprécier votre expertise ! C’est le cas d’Alice (promo 8) qui a conservé son métier de logisticienne pour apporter ses compétences chez Murfy, spécialiste de la réparation de France.

Fantasmer sur un métier ou secteur sans en connaître la réalité

Il y a des métiers comme vétérinaire qui font rêver tous les enfants… Jusqu’au jour où on réalise qu’il faut faire 7 ans d’études ou qu’on voit un reportage avec un véto qui aide une vache à mettre bas !

L’équivalent dans le monde de la transition écologique, ce sont les métiers de responsable RSE ou consultant développement durable. Bien que ce soient les jobs qui fassent le plus fantasmer, tout le monde n’est pas fait pour rédiger un rapport annuel RSE, faire du suivi d’indicateurs ou mettre en place une norme ISO dans une entreprise.

D’autant plus que les places sont limitées. Il y aurait environ 400 postes à pourvoir de consultants RSE par an selon le Medef. Alors qu’il existe plein d’autres façons de stimuler la transformation des entreprises : favoriser les innovations vertes si vous êtes dans la R&D, opter pour le fret ferroviaire ou fluvial plutôt que routier si vous êtes dans la logistique, améliorer l’éthique du sourcing si vous  travaillez dans les achats, initier une dynamique de diversité et d’inclusion si vous êtes dans les RH…

Quel que soit le métier ou le secteur qui vous attire, il est important de ne pas vous lancer sans chercher à en avoir un aperçu concret. Pour cela, n’hésitez pas à mener une enquête métier approfondie :

  • Lire et vous informer sur le sujet : dans tous les domaines, vous pouvez trouver des livres, MOOC, conférences et salons où vous renseigner
  • Échanger avec des professionnels en poste : faites fonctionner votre réseau, utilisez LinkedIn… Les gens sont souvent ravis de parler de leur métier !
  • Aller sur le terrain : mécénat de compétences, bénévolat, expérience associative grâce à un groupe local (Colibris, Zéro Déchet…) :  il existe différents moyens de voir par vous-même à quoi ressemble un métier ou un secteur.

Attendre l’offre d’emploi qui est faite pour vous

Si la recherche de votre job à impact consiste à parcourir des offres d’emploi et mettre en place des alertes sur différents sites de recrutement en espérant tomber sur LA mission qui vous conviendra, vous risquez de passer à côté de belles opportunités.

Beaucoup de postes sont pourvus sans passer par la publication d’une offre. C’est ce qu’on appelle le marché caché de l’emploi. Les recruteurs préfèrent souvent proposer un poste à quelqu’un avec qui ils ont déjà échangé et qu’ils ont repéré plutôt que de lancer un processus de recrutement avec offre. 

Pourquoi ? Parce qu’on choisit un collaborateur pour qui il est (sa personnalité), sa capacité à s’intégrer dans une équipe, plus que pour une liste de compétences ou connaissances (qui peuvent s’acquérir après l’embauche).. La motivation et la posture comptent autant (voire plus) que le CV ou la formation. 

Il faut donc se placer dans une démarche active, en cultivant votre réseau professionnel et en allant à la rencontre des structures qui vous intéressent : contacter des professionnels, se rendre à des événements, assister à des conférences, s’investir dans un projet… 

Postuler à plein d’offres à la chaîne

Autre stratégie vouée à l’échec : envoyer des candidatures à la chaîne, sans prendre le temps de vous renseigner sur les organisations que vous ciblez. 

Il n’y a rien de plus énervant pour un recruteur que de recevoir des lettres de motivation impersonnelles et des candidats qui ne connaissent rien à l’entreprise. Un petit exemple pour illustrer notre propos. 

Vous faites partie d’une petite structure de l’ESS en plein développement, composée de 3 personnes. Vous êtes à la recherche d’une nouvelle recrue et recevez une candidature du type : “Spécialiste du marketing digital et passionnée par l’écologie, je serais ravie de rejoindre le département communication de l’entreprise”. 

Pas très convaincant quand vous recherchez plutôt un profil généraliste et que le “département communication” ne compte qu’une personne ! Privilégiez la qualité à la quantité : mieux vaut postuler à moins d’offres et se donner plus de chance de sortir du lot en personnalisant sa candidature.

Gardez à l’esprit que votre candidature à une offre sera noyée dans la masse de dizaines (voires centaines) d’autres. Contrairement à une candidature spontanée, qui démontre aussi un réel intérêt pour la structure et son action (si elle est approfondie bien sûr).

Penser qu’être motivé.e et concerné.e par une cause suffit pour trouver un métier à impact

Se sentir concerné.e par la cause environnementale ne suffit pas pour travailler dans le développement durable. 

Il s’agit de montrer que vous avez des compétences utiles pour le poste que vous visez. Et même si vous n’avez pas d’expérience dans le secteur de la transition, vous avez probablement des compétences transférables. 

De plus, partager des valeurs communes avec une structure ne suffit pas à garantir votre épanouissement dans vos missions. Si vous rêvez de travailler dans une association connue en France en faveur du Zéro Déchet, Zero Waste France et Emmaüs France correspondent toutes les deux à ces critères.

L’une et l’autre n’abordent cependant pas la problématique du même angle et ont des fonctionnements bien différents. Parmi les structures qui œuvrent pour la cause qui vous touche, nous vous invitons à identifier celles qui peuvent le mieux vous correspondre : taille, fonctionnement, vision, environnement de travail, etc.

Si ces quelques conseils vous permettent de faire un pas de plus dans vos réflexions, tant mieux ! Et si vous avez besoin d’un copilote pour ne plus avancer seul.e, contactez-nous pour en discuter.

Sophie Fabbi

Responsable communication


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