Nelsina, de la RSE en grande distribution à la communication en association

Afin de vous aider à trouver le job de sens qui est fait pour vous, des heureux travailleurs ont gentiment accepté de partager un bout de leur histoire…

Qui es-tu ? Peux-tu te présenter en quelques mots ?

“Je m’appelle Nelsina, je suis une femme engagée personnellement et professionnellement dans l’éco-citoyenneté et l’éco-responsabilité. Depuis 2019, j’accompagne Landestini, une organisation à but non lucratif qui agit pour reconnecter les humains à la terre, à la nature et à la ruralité, et à la préservation de la biodiversité, en tant que directrice communication et engagement.

Mon ambition est d’accompagner chacun.e dans sa transition écologique et de faire en sorte que ma vie soit chaque fois plus sobre, toujours joyeuse et dans le partage.

Passionnée de kite surf, de capoeira et du Brésil, j’aime vivre les pieds dans l’eau et les mains dans la terre.”

Quel est ton parcours professionnel ?

“Après un bac +3 d’assistanat et d’attachée de direction, j’ai rejoint à 21 ans le groupe Carrefour en intégrant la filière qualité. J’entends alors parler pour la première fois de “sans ogm”, de juste prix pour les producteurs, etc. Et avec ces nouveaux mots, je découvre de nouvelles valeurs : respect de l’environnement, développement durable, etc.

Après cinq années, j’avais envie de creuser ces sujets et d’aller plus loin : j’ai donc suivi des cours du soir pendant un an, que j’ai complétés par des actions de terrain. Je suis ensuite partie au Honduras et au Brésil pour des missions bénévoles de solidarité internationale. Six mois plus tard, je reviens en France et accepte un poste de chargée de mission RSE pour Carrefour France.

Pendant neuf ans, mes missions principales consistaient à valoriser et partager les enjeux RSE liés à la politique de l’enseigne auprès des clients et collaborateurs, et de les embarquer vers plus d’écoresponsabilité : créer des contenus digitaux et de supports de communication, organiser des campagnes de sensibilisation et des événements internes liés aux enjeux DD/RSE et aux éco-gestes citoyens, mobiliser sur le changement…

Soucieuse de vouloir agir sur le terrain en plus de mon métier,  je rejoins de manière bénévole PikPik Environnement sur des actions de sensibilisation.  Créée et dirigée par Kaméra Vésic, l’association a pour but l’éducation à l’éco-citoyenneté et à l’environnement urbain. J’en deviens par la suite administratrice et présidente pendant 2 ans.

Entre temps, je rencontre Béa Johnson, une blogueuse et conférencière spécialiste du mode de vie « zéro déchet » et m’intéresse à son parcours. Toute une spirale se met alors en place dans mon quotidien, au-delà du professionnel. Je veux allier cette ambition de mener une vie “éco-responsable” et de mobiliser et fédérer les acteurs de la société civile autour de ces sujets. 

En 2017, je ressens vraiment le besoin d’un break pour respirer et prendre du recul : j’ai une vie qui me plait, mais qui est aussi très chargée. Je demande un congé sabbatique et pars avec mon compagnon pour un tour du monde de 11 mois. Tous les deux passionnés de kite-surf, notre voyage s’articule autour de ce sport, mais aussi des enjeux d’éco-responsabilité, du zéro déchet et de compensation carbone. 

C’était un moment important pour moi : cela nous a permis de réfléchir ensemble et  individuellement sur ce que nous voulions. Je savais que j’étais au bon endroit mais j’avais besoin de plus de temps pour moi et je voulais associer encore plus mon quotidien et mon projet professionnel. 

C’est à cette période que le groupe Carrefour a lancé un plan de départs volontaires. J’ai alors pris la décision de quitter mon emploi alors que j’étais à l’autre bout du monde ! Je suis rentrée en novembre 2018 avec cette intention de continuer à agir dans l’éco-responsabilité mais sans projet professionnel déterminé. Je sentais que j’avais besoin d’un coup de pouce pour me décider, et c’est là que j’ai fait appel à Mon Job de Sens.”

Comment as-tu trouvé ton job de sens ? En quoi Mon Job de Sens a pu t’aider ?

“J’ai fait tous les exercices du parcours à fond ! Chaque exercice était vraiment utile. Ca m’a permis de formaliser mon ikigai. J’ai aussi eu un échange avec Laura qui a été très déterminant. Avec tout cela, je me sentais éclairée et en même temps, je me posais encore des questions : vers quoi tout cela me mène ? J’ai donc continué à réfléchir et à aller vers l’intelligence collective et la facilitation.

Quelques temps après avoir fini le parcours Mon Job de Sens, j’ai retrouvé Henri Landes, un ami rencontré quand j’étais engagée auprès de PikPik Environnement, qui venait de lancer son fonds de dotation Landestini et qui déménageait en Haute Loire dans une ferme pédagogique avec son épouse Fanny Agostini. Ancien directeur général de Good Planet, il est conseiller en développement durable et enseigne à Sciences Po. Elle est journaliste sur l’environnement pour Europe 1 et Ushuaïa TV

Avec leur projet, ils se donnent la mission de reconnecter les humains à la terre, la nature et la ruralité, tout en participant à la préservation de la biodiversité. Et je me dis : c’est exactement ça : un projet concret qui met au cœur de notre quotidien le vivant dans toute sa diversité ! Je les rejoins au sein de leur conseil d’orientation stratégique et technique et je les accompagne de manière bénévole sur l’organisation de leur soirée de lancement à l’Aquarium de Paris.

En parallèle, il se passe plein de choses magnifiques dans ma vie et je multiplie des rencontres merveilleuses : je suis une formation sur l’intelligence collective pendant laquelle je rencontre Alice Vitoux (créatrice de la Fresque océane) et Solenn (co-fondatrice de Mélibée). J’anime une Agora pour le Climat place de la République, rejoins Céline de Mon Job de Sens durant le ChangeNow Summit pour une session d’intelligence collective, me forme à la permaculture, intègre le programme Transformation d’Engage et accompagne leur Défi Biodiversité (pour que les entreprises intègrent la préservation de la biodiversité dans leur stratégie), suis des MOOC, participe à des stages de permaculture humaine…

Et j’ose enfin me dire : je suis facilitatrice, accompagnatrice à la transition écologique. Tout se clarifie. Je veux accompagner, inspirer, aider les gens à comprendre l’impact humain pour changer individuellement et collectivement. Ce que je faisais déjà finalement…mais cette fois-ci avec une ambition à échelle humaine. Je suis maintenant en CDI en tant que directrice communication et engagement pour Landestini et responsable communication de l’incubateur Landestini Cantal-Auvergne, et en parallèle, je suis aussi animatrice de la Fresque Océane. Tout fait sens !”

Tu peux nous en dire plus sur ton poste ?

“J’ai le titre de “directrice” mais le plus important est qui je suis, ce qui me motive et ce que je peux apporter, au delà de mes talents (clin d’œil à Mon Job de Sens) bien sûr ! J’aime me dire qu’on ne se catalogue plus par un titre mais par notre personnalité, notre ouverture d’esprit et nos capacités bienveillantes… Je suis une personne enjouée, très motivée, qui a envie qu’on bascule ensemble et rapidement dans un monde de sobriété heureuse et partagée, qui soit moins carboné et sans disparités.

Les projets de l’association s’articulent autour de l’alimentation et l’agriculture durable, la nourriture saine et locale, et la préservation de la biodiversité, à travers des actions concrètes d’éducation auprès de la jeunesse, du sport et de l’entrepreneuriat.

Ma mission est de faire rayonner ces actions, d’engager et mobiliser autour de cela, et de donner envie de se reconnecter à la terre. Cela passe notamment par de la communication digitale (réseaux sociaux, infolettre, …) et de l’événementiel, pour fédérer mais aussi collecter des fonds.

 Il y a aussi une grande part de mobilisation dans mon métier, qui consiste à entrainer les gens autour de notre mission et de leur donner les clés pour agir facilement, de manière fun, et concrète. Par exemple, nous avons lancé un programme de formations et d’expériences sur le terrain avec des sportifs amateurs et de haut niveau pour qu’ils adoptent des comportements éco-responsables dans leur quotidien et pratique sportive. Dans ce cadre, je vais les accompagner dans cette démarche, communiquer sur ce qui fonctionne (et ce qui ne fonctionne pas). L’idée, c’est de donner envie, guider et inspirer, pas de forcer les gens à changer.”

A quoi ressemble ta vie professionnelle ? Comment gères-tu ton équilibre vie pro / vie perso ?

“J’effectue tout cela en télétravail (sauf pour les actions de terrain et les événements), d’autant plus que je viens d’emménager récemment en Bretagne. Plusieurs travaillent depuis l’Auvergne et aussi depuis d’autres territoires. C’est génial de pouvoir travailler à distance comme ça, mais c’est d’autant plus important de continuer les échanges physiques entre nous (dès que nous le pourrons à nouveau).

Ma semaine-type commence donc par un brief équipe le lundi matin qu’on appelle en interne les “lundis joyeux”. Autre rendez-vous d’équipe : le mercredi matin : #instantcafépartagé qui est dédié aux échanges informels. On se retrouve tous pour partager un café et parler d’autre chose que du boulot.

Pour moi, les lundis et les mercredis sont des journées assez intenses : je commence vers 7h30 et je finis vers 19h30, avec quelques pauses au milieu. Les instants de pause sont importants pour moi (par exemple, écouter une émission radio ou un podcast – sur des sujets d’écologie bien sûr – faire un tour dans mon jardin, lire quelques pages) pour me déconnecter et m’inspirer par d’autres actions. Aller mettre les mains dans la terre, c’est primordial, parce que pour en parler, il faut déjà que je puisse moi-même être concernée. Cela fait sens d’être alignée dans ses discours et ses actes. 

Les mardis et vendredis sont des journées que je compose au fur et à mesure mais je passe environ la moitié de mon temps au téléphone ou en visio pour échanger et avancer avec les membres de l’équipe, des partenaires, des bénévoles, etc.

Et si je ne parle pas du jeudi, c’est parce que j’ai un contrat à plein temps de 35 heures, mais sur quatre jours seulement. Je suis quelqu’un qui bosse et qui ne s’arrête pas. C’est difficile pour moi de déconnecter (surtout quand on travaille sur les réseaux sociaux !) donc je voulais un jour off dans la semaine pour pouvoir mener des réflexions et avancer dans ma vie privée : cultiver un potager, animer des fresques océanes, organiser mon changement de vie entre la banlieue parisienne à la campagne, etc.”

Quel serait ton conseil pour quelqu’un qui cherche son job de sens ?

“Pour moi, se faire confiance, s’écouter est très important. Et de se rappeler régulièrement ce que celles et ceux qui m’ont inspirée et guidée ont dit. Les rencontres que j’ai faites m’ont beaucoup apporté dans mon parcours. L’humain a été essentiel ! 

Pendant toutes ces années où je cherchais à affiner ma place dans la société, j’ai eu des piliers amicaux qui m’ont soutenu dans mes questionnements (qu’est-ce que je veux, qu’est-ce que j’ai envie d’incarner ?) et m’ont permis d’en arriver là où j’en suis aujourd’hui. Avoir des gens à ses côtés qui sont là pour vous encourager, c’est vraiment un plus pour moi.”

Quelque chose à ajouter ?

“Je suis plutôt de nature optimiste, et je ne me dis pas “toutes les bonnes choses ont une fin” mais plutôt “toutes les bonnes choses ont une suite”. En tout cas, moi, ça me donne de l’élan !”

Un grand merci, Nelsina, pour ton témoignage ! Pour en savoir plus sur Landestini, c’est par ici, et sur la Fresque Océane, par là !


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  • Antoine, salarié IT devenu co-fondateur de Ma Petite Couche
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