Les coopératives, ces acteurs de l’ESS qui créent de l’emploi

Le 19 juin dernier, nous avons fait un tour au festival des coopératives de la transition, L’Onde de Coop, qui réunissait pendant 3 jours une cinquantaine de coopératives à la Cité Fertile à Pantin. Ensemble, elles prônent une société de solidarité, de justice sociale, de démocratisation et de transition écologique.

Au fait, c’est quoi une coopérative ?

Le modèle coopératif est adapté à toutes les activités

“La coopérative, c’est là où on achète du vin, c’est ça ?” Si le mot ne vous évoque rien de plus, sachez que le monde des coopératives est bien plus vaste que vous ne le pensez ! En France, une marque alimentaire sur trois est une coopérative.

 D’ailleurs, c’est un modèle d’entreprise qui ne se limite pas au secteur agroalimentaire. On le retrouve aussi dans la production et la vente de biens, l’artisanat, le financement, l’habitat, le service à la personne, la gestion de l’énergie, le transport, la mise en commun de services, les circuits courts, le bio, les plateformes numériques…

Des valeurs et des principes communs

L’Alliance coopérative internationale en propose la définition suivante : “Une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement.”

Selon la loi du 31 juillet 2014, elles font partie intégrante de l’Économie sociale et solidaire (ESS). Devenir associé d’une coopérative permet de détenir au moins une part sociale. L’ensemble des parts sociales constitue le capital social de l’entreprise. Les associés (ou sociétaires) sont donc copropriétaires de leur structure. 

Le statut coopératif est caractérisé par le principe “1 personne = 1 voix”. Ainsi, les membres votent les décisions stratégiques en assemblée générale de manière égalitaire et démocratique. Au lieu de rémunérer des actionnaires, l’entreprise coopérative redistribue ses bénéfices aux sociétaires et au projet (investissements).

Les principes coopératifs constituent les lignes directrices qui leur permettent de mettre leurs valeurs en pratique :

  • démocratie
  • solidarité
  • pérennité
  • responsabilité
  • transparence
  • proximité
  • service

Différentes formes de coopératives en fonction de la nature de leurs sociétaires

Les coopératives peuvent avoir différents statuts : 

  • les coopératives d’entreprises : les associés (ou sociétaires) sont les entrepreneurs (agriculteurs, artisans, commerçants…). Par exemple, Biobreizh qui regroupe plus d’une soixantaine de paysans bio de Bretagne spécialisés dans la production de fruits et légumes.
  • les coopératives d’usagers : les associés sont les utilisateurs des biens et services produits. On retrouve avec ce statut les copropriétés coopératives, les coopératives d’habitants, scolaires ou de consommateurs, comme La Louve, le premier supermarché coopératif et participatif de Paris ou la marque de consommateurs C’est qui le Patron ?!.
  • les coopératives de production (SCOP) : les associés sont les salariés. On peut citer la marque Ethiquable, qui agit en faveur d’un commerce équitable engagé et soutient l’agriculture paysanne bio.
  • les banques coopératives : les associés sont les clients bénéficiaires de services bancaires. C’est le cas de la Nef, une coopérative financière qui offre des solutions d’épargne et de crédit orientées vers des projets ayant une utilité sociale, écologique et/ou culturelle.
  • les coopératives multisociétariales (SCIC) : les associés sont toutes les parties prenantes (salariés, producteurs, usagers, collectivités locales, partenaires…). Parmi les plus connues :  le e-shop militant Label Emmaüs, la plateforme de distribution alimentaire en circuits courts Coop Circuits ou bien Enercoop, le distributeur d’énergie verte.
  • les coopératives d’activité et d’emploi (CAE) : les associés sont les entrepreneurs salariés. Coopaname rassemble ainsi plus de 700 professionnels et développe de nouvelles manières de travailler ensemble.

Le modèle coopératif est créateur de richesses et d’emplois

Un modèle financier durable qui garantit un bel essor économique

Il existe 22 600 coopératives en France et plus de 2 millions dans le monde. En 2018, les coopératives françaises ont cumulé 324 milliards d’euros de chiffre d’affaires, c’est-à-dire plus de deux fois celui du secteur de l’industrie automobile ! Un chiffre en progression constante depuis 2008. 

Une réussite économique qui s’explique entre autres par un modèle financier durable. Cela se caractérise notamment par la mise en réserve d’une partie des résultats nets de gestion qui permet d’assurer la pérennité des activités de l’entreprise grâce à cet apport en fonds propres.

Source : Coop FR

Quelles possibilités d’emploi dans les coopératives ?

Les entreprises coopératives et leurs filiales comptent 1,3 million de salariés, ce qui représente 5,1% de l’emploi salarié global, un chiffre en augmentation constante selon Coop FR. Leur essor participe ainsi à la création d’emplois partout en France : 34 000 emplois supplémentaires en deux ans, soit une hausse de 2,7%.

De toutes les tailles (TPE, PME, ETI ou grandes entreprises) et couvrant tous les secteurs d’activité, les possibilités d’emploi sont nombreuses et variées. D’autant plus que ce sont véritablement des entreprises du territoire. Contrairement aux grands groupes français, sur les 100 sièges sociaux des plus grandes entreprises coopératives, 73 sont implantés en dehors de la région parisienne. 

Source : Coop FR

Les coopératives, le modèle du futur ?

Un modèle plus résilient, capable de mieux surmonter les crises

“Certains appellent à la construction d’un monde d’après, les coopératives ancrées dans le monde réel ont tous les atouts pour en être les bâtisseurs.” assure Jean-Louis Bancel, président de Coop FR. 

“La stabilité du capital, les réserves financières impartageables, la répartition équitable des profits et la solidarité entre membres associés donnent aux entreprises coopératives les moyens de s’adapter pour faire face aux crises.”

Au-delà de leur forte capacité de résilience, c’est leur volonté de se mettre au service de la transition écologique et solidaire qui en font de véritables acteurs du “monde d’après”. 

La volonté de proposer un nouveau modèle face aux enjeux écologiques et sociaux

La tribune écrite par les coopératives à l’initiative du festival L’Onde de Coop (Enercoop, Mobicoop, la Nef et Coopaname) montre la nécessité de proposer des solutions face aux enjeux actuels : 

“Réchauffement climatique, creusement des inégalités, montée des discours de haine, […] le tout sur fond de crise sanitaire, économique et sociale… Notre époque est marquée par de nombreux périls qui rendent encore plus criants les besoins d’alternatives et d’espaces d’engagement pour les citoyens désireux de bâtir un autre monde.”

Le festival permet de constater que des innovations coopératives particulièrement fécondes émergent au service d’un monde plus juste et vertueux. Ces nouveaux modèles permettent de montrer que d’autres voies sont possibles (et fonctionnent !) que les logiques économiques dominantes : “changer notre rapport à la production, à la consommation, à l’usage des technologies, sortir du dogme de la croissance, remettre la finance au service de l’intérêt général, et surtout oeuvrer à sa démocratisation, mettre en oeuvre […] des mécanismes clairs de répartition des richesses et des pouvoirs.”

Les coopératives vont même plus loin dans leur engagement : elles souhaitent devenir un  véritable écosystème au service de la transition écologique et solidaire en agissant ensemble. C’est le sens de la démarche d’alliance de 9 coopératives regroupées dans le collectif des Licoornes. Leur but : proposer aux citoyens une alternative aux multinationales et démontrer qu’un autre modèle d’entreprise plus vertueux est possible. Un pied de nez à la “startup nation” et leurs Licornes, dont la valorisation boursière a dépassé le milliard de dollars.

Selon la Coop FR, l’organisation représentative des entreprises coopératives françaises : “la coopérative est le seul modèle économique qui permet réellement de concilier performance économique, respect de l’humain, gouvernance démocratique, création d’emplois durables et innovation.” C’est en tout cas un gisement d’emplois à impact, qui semble se développer d’année en année. 

Sources : 

Sophie

Chargée de communication


Cet article vous a plu ? Ceux-là pourraient aussi vous intéresser :

Laisser un commentaire