Amel, coach-thérapeute qui a “transformé un fardeau en cadeau”

Afin de vous aider à trouver le job de sens qui est fait pour vous, des heureux travailleurs ont gentiment accepté de partager un bout de leur histoire…

Qui es-tu ?

“Je m’appelle Amel et je suis coach-thérapeute. Après plusieurs années passées à me défaire de troubles alimentaires, j’ai décidé d’aider à mon tour les femmes à faire la paix avec leur alimentation, leur corps et leurs émotions. 

En utilisant mon expérience personnelle et en me formant aux pratiques du coaching et de l’accompagnement en santé et nutrition, j’ai lancé mon activité en 2019, en défendant une approche holistique de ces troubles : nous ne sommes pas seulement un corps devant une assiette !”

Quel est ton parcours ? Qu’est-ce qui t’a poussé à chercher ton job de sens ?

“J’ai d’abord travaillé 13 ans dans la distribution de films. Je m’occupais de la communication et la promotion d’un catalogue de films auprès des salles de cinéma. J’étais bien payée, je rencontrais les stars de cinéma, j’allais au festival de Cannes et de Deauville… Sur le papier, tout était beau et génial. 

Avec mon équipe, nous avons eu la chance de travailler sur le film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent, qui a été un véritable électrochoc pour moi. Pendant des mois, avec des associations autour du développement durable comme les Colibris, nous allions à la rencontre des gens partout en France pour le faire découvrir en salle. Je me rendais compte qu’il y avait quelque chose qui me portait à ce moment-là. Pour la première fois, le mot « sens » est arrivé dans ma vie. Ça a été un premier déclic. 

Mais lorsque la promotion s’est terminée et qu’il a fallu travailler pour d’autres films, la flamme qui venait de s’allumer chez moi s’est éteinte. Au début, je ne voulais pas forcément voir les choses, parce que comme tout le monde, j’avais besoin de gagner ma vie.”

Quel a été le déclencheur de ton changement de vie professionnelle ?

“C’est mon corps qui a commencé à m’interpeller et m’envoyer des signaux de mal-être. En réalité, il y avait déjà des signes antérieurs car je souffrais depuis un moment de troubles du comportement alimentaire. 

Il y avait beaucoup de pression et de choses à gérer au travail : j’ai continué à tirer sur la corde jusqu’à faire un burnout, suivi d’une dépression, suivie d’une tumeur au colon… J’ai consulté différents thérapeutes qui m’ont fait comprendre que j’avais besoin d’une pause longue. 

Ça a été plusieurs mois de descente aux enfers : j’étais au plus mal dans ma tête et dans mon corps, avec beaucoup de remises en question. C’était impossible pour moi de retourner au travail. Mais j’ai profité de ce temps pour comprendre qui j’étais et ce que j’avais vraiment envie de faire. J’ai découvert le monde du développement personnel. Je suis également partie faire une retraite en Inde dans un ashram. 

L’accompagnement des thérapeutes, ainsi que les rencontres que j’ai faites et les réflexions que j’ai menées à cette période, m’ont fait prendre conscience que mon travail n’était pas aligné avec mes valeurs et ma personnalité. Je faisais quelque chose parce qu’il le fallait, mais je n’étais pas en résonance avec qui j’étais au fond.”

Une fois le constat établi que ton job actuel ne te convenait pas, qu’as-tu fait pour partir en quête de ton job de sens ? 

“J’ai demandé une rupture conventionnelle, suivie d’une période de 2 ans de chômage faite de réflexions et de recherches. C’est à ce moment que j’ai assisté à une conférence organisée par Mon Job de Sens, où j’ai entendu Laura parler de la question du sens au travail et dans la vie, et qu’il était possible de trouver un métier qui nous fasse vibrer. 

J’ai donc démarré l’accompagnement avec Mon Job de Sens, parallèlement à tout un travail d’introspection et de développement personnel qui étaient complémentaires. Le parcours m’a appris énormément : comprendre qui j’étais, identifier mes valeurs, trouver l’activité alignée avec moi. 

Le travail sur l’Ikigai m’a permis de réfléchir à l’activité professionnelle dont je puisse vivre, qui me permettrait de réunir toutes mes compétences et de m’épanouir, tout en aidant d’autres personnes. Je me rappelle avoir fait avec Laura un brainstorm sur tout cela en posant des idées sur un paperboard. Je l’avais ensuite accroché au mur et le regardais tous les jours en me disant : “Qu’est-ce que je peux faire avec tout cela ?”. J’attendais une sorte d’illumination qui arriverait soudainement. Mais en réalité, ça ne se passe pas du tout comme cela (en tout cas pour moi) !”

Qu’as-tu fait à la suite de l’accompagnement avec Mon Job de Sens ?

“Au départ, j’avais dans l’idée de devenir salariée dans une entreprise de l’ESS ou de l’environnement. J’ai postulé à beaucoup d’offres dans le secteur de l’écologie, mais je n’avais aucune réponse positive. J’étais frustrée que ça ne fonctionne pas, d’autant que j’avais besoin de travailler. C’est plus tard, avec du recul, que j’ai réalisé que ce n’était pas mon chemin, ma place. 

Je me suis alors intéressée au développement personnel comme voie professionnelle. Pour mieux connaître ce secteur, j’ai réalisé des enquêtes métiers et suis allée sur le terrain pour questionner les professionnels en place (hypnothérapeutes, des sophrologues, des coachs, des psys…) sur la réalité de leur métier : Comment la personne exerce son activité ? Combien gagne-t-elle ? Est-ce difficile ? 

J’ai posé toutes les questions pragmatiques que j’avais pour ne pas fantasmer une profession. Cette recherche m’a permis de comprendre que j’étais attirée par l’approche holistique des choses : le fait de travailler à la fois avec le corps, des outils de développement personnel et de la thérapie. 

Par ailleurs, ce qui était certain pour moi, c’était la volonté d’être dans la relation d’aide. Déjà quand je travaillais pour le cinéma, mon travail consistait à m’occuper des films et des équipes de film. J’ai toujours aimé prendre soin, accompagner, chouchouter, etc. J’ai trouvé que la sophrologie était un outil puissant et j’ai suivi une formation financée par Pôle Emploi, qui m’a énormément plu. 

J’ai commencé à exercer en tant que sophrologue pour aider les personnes à gérer leur stress au travail, mais ça me plaisait plus ou moins. Jusqu’au jour où j’ai accompagné une cliente qui souffrait de troubles alimentaires : ça a été un vrai déclic. J’ai immédiatement senti que ce sujet comptait beaucoup pour moi. 

J’ai donc commencé à recadrer la nature de l’accompagnement que je proposais. Je me suis formée à la nutrition et aux problématiques des troubles alimentaires pour compléter ma propre expérience personnelle.”

Comment as-tu su que c’était la bonne voie pour toi ?

“Je n’avais pas du tout imaginé m’engager dans cette voie au départ ! Après tout ce temps à souffrir de ces problèmes, je n’avais pas envie de révéler par quoi j’étais passée, de partager cela avec l’extérieur. 

Mais j’ai décidé d’arrêter de me cacher, et transformer ce fardeau que j’avais porté pendant des années en cadeau. J’avais envie de transmettre ce que j’avais vécu pour aider les autres à s’en sortir comme je l’avais fait. Je sentais que c’était une mission qui me tenait à cœur. 

J’ai consulté des centaines de thérapeutes, sans trouver une personne qui réunissait toutes les compétences nécessaires à la résolution de ces problèmes. J’ai donc voulu me lancer pour éviter aux personnes souffrant des mêmes troubles de perdre autant de temps, d’énergie et d’argent que moi.”

Ta façon de travailler a-t-elle évolué depuis la création de ton activité ?

“Cela fait un an et demi que je me suis lancée, et 4 ans que je suis en réflexion sur ce que j’ai envie de faire. L’entrepreneuriat, c’est une constante évolution. J’ai affiné mon projet au fur et à mesure, et je continue encore !

J’ai ainsi rapidement fait le choix de ne plus accompagner d’hommes pour me concentrer sur les femmes uniquement. En tant que femme, je comprends mieux les spécificités du corps féminin et son fonctionnement. Nos cycles et nos hormones ne sont pas les mêmes, et cela a un impact lorsqu’on parle d’émotions, de nutrition et de santé. 

Par ailleurs, j’apprécie énormément de travailler avec des femmes. Elles ont pour moi un potentiel énorme qui est souvent caché par plein de dogmes, de normes. J’adore les aider à s’épanouir. Et puis je n’aime pas parler de ce que je ne connais pas. Par exemple, je travaille rarement avec des femmes ménopausées, connaissant moins bien les enjeux liés à cela. 

Dans l’accompagnement, c’est important d’avoir une cible précise, qui s’affine grâce à l’expérience et les personnes rencontrées. Au début, mon protocole de coaching pouvait durer entre 1 à 6 mois. Aujourd’hui, je sais que l’accompagnement en un mois ne fonctionne pas et qu’on ne fait pas de miracle en moins de 6 mois. Plus j’expérimente et je pratique, plus je vois une posture qui se définit dans mes accompagnements, et plus je me sens alignée dans ce que je fais.”

As-tu ressenti le syndrome de l’imposteur à un moment dans ton cheminement ?

“Au début, on doute, on a peur, on se dit : “Pourquoi moi ? Il y a plein de gens qui font la même chose que moi !”. C’est normal d’avoir peur quand on commence quelque chose de nouveau. Pour ma part, je savais que ce que j’avais à apporter allait au-delà de ma personne ou de mon ego. Cette peur a diminué avec la pratique. C’est comme conduire une voiture : c’est en roulant qu’on devient à l’aise au volant, jusqu’au jour où on effectue des trajets sans réfléchir à sa conduite. 

Pour moi, le secret pour vaincre ses peurs ou son syndrome de l’imposteur, c’est de continuer à se développer soi-même, à apprendre à se connaître, à être aligné dans ce qu’on sait faire et ce qu’on aime faire. On combat ses doutes en installant sa posture et en voyant ce qu’on apporte aux autres. Personnellement, c’est quand je reçois le retour des personnes que j’accompagne que je sens que je suis à ma place.”

Arrives-tu à un niveau de salaire qui te convient aujourd’hui ?

“Je n’ai pas vécu de mon activité dès son lancement, même si j’ai cru que ce serait le cas. Au début, on est tellement enthousiaste et convaincu d’avoir trouvé sa mission que l’on pense que le succès sera immédiat ! Dans les faits, si on n’a pas d’argent de côté comme moi, c’est plus compliqué. Le premier conseil que je peux donc donner, c’est de se lancer une fois que l’on a des fonds disponibles. Idéalement, l’équivalent d’un ou deux ans de salaire minimum.

J’ai donc dû démarrer mon activité de coach-thérapeute en parallèle d’un job alimentaire. Il m’a fallu du temps pour l’accepter, ça m’a coûté émotionnellement. C’était une situation assez difficile et énergivore. Il fallait que je fasse attention financièrement. J’ai réussi à quitter ce travail au fur et à mesure où j’arrivais à développer mon activité. 

Aujourd’hui, j’en vis à 90%, et je me rapproche de l’objectif financier que je me suis fixé pour me rémunérer et payer mes cotisations sociales (j’ai bon espoir de pouvoir y arriver d’ici la fin de l’année !). L’ACRE m’a beaucoup aidé les deux premières années. 

Une autre solution pour se lancer (en dehors de mettre de l’argent de côté ou de prendre un job alimentaire) est de faire comme une psycho-thérapeute que je connais, c’est-à-dire réaliser un prêt bancaire correspondant à l’équivalent de  2 ans de rémunération, en attendant de pouvoir vivre de son activité.”

Un dernier conseil ?

“Faites un truc qui vous fait kiffer, qui vous fait vibrer ! Si vous trouvez ça, vous aurez un peu moins l’impression de travailler. 

Entourez-vous de personnes qui, comme vous, sont dans cette envie de contribuer, et si vous voulez vous lancer à votre compte, qui sont aussi dans une logique entrepreneuriale. Aujourd’hui, je me rends compte que les gens qui m’entourent sont des entrepreneures qui sont dans la même énergie et dynamique que moi. Donc ne restez pas seul.e ! On a besoin d’être soutenu.e dans les moments de doute et de fatigue.

Enfin, prenez du temps pour vous, même si ce n’est pas toujours facile. Étant dans un secteur d’activité où je donne énormément aux autres, je suis mon propre outil de travail. Si je tombe malade, il n’y a plus d’activité. Prenez soin de vous, déconnectez, sortez, voyez vos amis, ne vous oubliez pas !”

Un grand merci, Amel, pour ton témoignage !

Pour en savoir plus sur l’activité de coaching d’Amel : https://www.amelqouba.com/


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