Alexandre Devos, ingénieur Enercoop

Alexandre, ingénieur chez Enercoop, portrait #10

Afin de vous aider à trouver le job de sens qui est fait pour vous, des heureux travailleurs ont gentiment accepté de partager un bout de leur histoire …

1. Qui es-tu ? A quoi ressemble ta vie professionnelle ?

« Je m’appelle Alexandre, j’ai 33 ans et je suis chargé de mission approvisionnement au pole énergie chez Enercoop, un fournisseur d’électricité renouvelable au format coopératif (SCIC – Société Coopérative d’Intérêt Collectif). Je travaille, en bureau, sur la partie approvisionnement en électricité du réseau Enercoop en particulier sur le lien avec les producteurs (gestion contractuelle, facturation, suivi de production), sur le lien avec les responsables d’équilibre qui gèrent l’équilibre consommation/production, sur le mécanisme de capacité ainsi que la mise en place d’outils informatiques.« 

2.  Quel est ton parcours et comment s’est passé ton déclic pour chercher ton job de sens ?

« Après un bac scientifique, j’ai obtenu un diplôme d’ingénieur généraliste avec une spécialisation en conception mécanique en 2008 à H.E.I. à Lille puis j’ai travaillé pendant 8 ans pour 2 grandes multinationales en bureau d’études (conception de centrales nucléaire puis production d’électricité conventionnelle).

Déjà sensible aux problématiques environnementales, j’ai senti le besoin de m’impliquer concrètement : en 2012, je me suis rapproché des Amis de la Terre Paris et je participais bénévolement à des réunions et actions de personnes qui s’intéressaient à la thématique des transports et plus particulièrement à la pollution de l’air. En 2014, je m’implique en plus au sein du Collectif 3R, une association qui milite contre le projet de reconstruction de l’incinérateur d’Ivry-Paris 13 et pour des solutions alternatives zéro déchet.

Ces différents engagements ont probablement participé au déclic et 2015 a été l’année charnière pendant laquelle je me suis dis que mon job n’avait pas de sens (ce job qui occupe une dizaine d’heures par jour…), je me suis alors mis à chercher autre chose.« 

3. Comment es-tu arrivé dans ton job actuel ?

« Fin 2015, je me suis donc mis à chercher autre chose : j’ai alors fait de nombreuses candidatures spontanées par courriel auprès de structures de l’ESS et de l’économie circulaire. Ayant un profil d’ingénieur technique, j’ai passé beaucoup de temps à remanier mon CV et ma lettre de motivation pour essayer de bien mettre en avant mes engagements militants pour essayer de convaincre.

J’ai aussi fait quelques rencontres inspirantes (je retiendrai en particulier celle avec Do, le directeur de Carton Plein) qui m’ont permis d’apprendre à me connaître et à savoir ce que je voulais faire. A un moment, j’ai même envisagé de devenir maraîcher, ouvrir une épicerie de vrac ou encore de me lancer dans l’aventure de entrepreneuriat en montant un service de livraison de couches lavables propres à vélo !

C’est finalement « par chance » grâce à une candidature spontanée auprès d’Enercoop et après 5 entretiens que je décroche un CDI en tant que chargé de mission approvisionnement.« 

4. Questions pratiques : comment gères-tu ton équilibre vie pro/vie perso ? Comment se déroulent tes journées de travail ? Accepterais-tu de dire quel est ton salaire ?

« Le travail est très prenant et quand on travaille dans une structure ayant une vision qui nous parle (arriver à une société dans laquelle chacun·e peut accéder à une énergie 100 % renouvelable ; un modèle sobre en énergie, local, organisé dans le cadre d’une gouvernance partagée, transparente et démocratique) et je ne compte parfois pas mes heures ! J’essaye depuis quelques temps de faire plus attention à mes horaires, j’ai la chance d’habiter à 20 min en vélo de mon travail ce qui me permet de perdre peu de temps dans les transports. Enercoop permet aussi à ses salarié·e·s de télétravailler ce qui est intéressant pour se concentrer chez soi au calme.

Mes journées se ressemblent finalement assez peu avec une diversité de tâches allant de sujets très opérationnels, comme la gestion de la facturation des producteurs ou l’archivage des contrats, à des sujets moins opérationnels, comme la mise en place d’outils informatiques, ou encore des sujets de réflexion stratégique comme la responsabilité d’équilibre…sans oublier les appels téléphoniques des producteurs à tout moment qui peuvent avoir divers problèmes sur leur installation hydroélectrique, solaire ou éolienne, affectant la production, qu’il faut gérer.
Mon salaire est de 2600 € brut mensuel.« 

5. Quel serait ton conseil pour quelqu’un qui cherche son job de sens ? Est-ce que ton secteur recrute ?

« Je pense qu’il faut prendre du temps pour savoir vraiment ce qu’on veut : trouver un job de sens dans un secteur d’activité identique ou proche de celui dans lequel on exerce (ce que j’ai fait) ou changer complètement ou presque de vie (ce que je n’ai pas – encore ! – fait). Rencontrer des gens (demander des rendez-vous, se rendre sur des événements, …) est selon moi le meilleur de se découvrir et d’imaginer ce qu’on aimerait faire pour ensuite passer à l’action.

Oui, Enercoop recrute et pas que à Paris ! Le réseau de coopératives Enercoop est en fort développement et cherche régulièrement des personnes prêtes à rejoindre l’aventure. À surveiller sur http://www.enercoop.fr/recrutement. »

6. As-tu quelque chose à ajouter ?

« Quand on a le déclic que notre job ne nous correspond plus, il est important pour garder son équilibre de chercher son job de sens, ça peut prendre pas mal de temps mais ça n’a pas de sens de continuer dans un chemin sans issue. »

 

Un grand merci Alexandre pour ton témoignage !

Laura Caniot-Genevois.

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