Le burn-out, ou épuisement professionnel, est souvent vu comme le mal du siècle. En France, selon l’Institut de veille sanitaire, 480 000 personnes souffrent de troubles psychologiques liés au travail, soit 7 % de la population. Ce phénomène, bien documenté par la Haute Autorité de Santé (HAS) dans son guide sur le repérage et la prise en charge du burn-out, touche désormais des secteurs au-delà des emplois traditionnels, y compris celui des jobs engagés.
Burn-out : mal du siècle ou réalité intemporelle ?
L’impact du travail sur la santé mentale n’est pas une nouveauté. Zola, dans ses romans du XIXe siècle, décrivait déjà la fatigue et l’épuisement des travailleurs. Mais au 21ème siècle, une dimension nouvelle s’ajoute : la solitude face à l’épuisement. Il y a encore quelques années, les luttes collectives et syndicales (comme en mai 68) permettaient de faire face aux difficultés professionnelles collectivement. Aujourd’hui, les relations sociales se sont atomisées dans le monde professionnel, laissant les salariés seuls face à des attentes toujours plus élevées, dans un cadre de compétition où la solidarité a peu de place.
Dans la société actuelle, on distingue trois grands types d’épuisement professionnel :
- Le burnout : une fatigue extrême qui découle d’une surcharge de travail
- Le boreout : un épuisement professionnel par l’ennui
- Le brownout : une profonde perte de sens au travail
Dans le cadre d’un brownout, remettre du sens dans son travail peut être une solution… mais ce n’est pas une garantie contre le risque d’épuisement : dans un job à impact, on peut aussi s’épuiser et finir en burnout.
Quand les valeurs deviennent une source d’épuisement
Les jobs à impact attirent de plus en plus de personnes en quête de sens. Ces emplois incarnent des valeurs comme la solidarité, la redistribution ou la décroissance. Mais ces mêmes valeurs peuvent devenir des sources de tension dans une société qui valorise encore majoritairement la performance et l’individualisme.
Cette dissonance peut entraîner un sentiment d’impuissance, aggravé par des critiques externes telles que l’écolo-bashing ou un manque criant de moyens dans certains milieux associatifs. Comme le souligne le psychologue Albert Moukheiber, cette « ultra-responsabilisation » individuelle face à des enjeux systémiques – comme le réchauffement climatique – peut exacerber la fatigue mentale.
Le burn-out militant : quand l’engagement nous épuise
Le phénomène du burn-out ne se limite pas au domaine professionnel de l’économie traditionnelle. Dans la sphère militante, de nombreux témoignages rapportent un épuisement psychologique et émotionnel. Le hashtag #PayeTonBurnOutMilitant, lancé par Laure Salmona et Johanna-Soraya Benamrouche, a notamment permis de mettre en lumière cette réalité.
Le sociologue Simon Cottin-Marx marque une distinction entre burn-out professionnel et militant et nous explique que la différence réside principalement dans le caractère volontaire de l’engagement des activistes, bien que la surcharge de travail et l’urgence soient des facteurs communs. Dans le cas des militants écologistes, la peur de l’échec est doublée d’un sentiment de responsabilité existentielle, ce qui alourdit encore leur charge mentale. Une spécificité intéressante qui peut aussi s’appliquer aux jobs à impact derrière lesquels il y a une volonté de s’engager, de faire bouger les lignes.
Les pistes d’actions face à l’épuisement professionnel
Quelques pistes pour s’engager sans s’épuiser :
- Prendre soin de sa santé mentale : S’informer sur les signaux d’alerte du burn-out (voir les recommandations de la HAS).
- Reconsidérer ses responsabilités : Accepter qu’une part des enjeux dépasse notre contrôle.
- Bénéficier d’un accompagnement collectif ou individuel, seulement si le burnout est pris en charge par un professionnel de santé(voir l’article de l’une de nos conseillère Eglantine Tuaillon qui a étudié le sujet dans son mémoire de recherche)
- S’informer et échanger
Pour savoir à quel moment activer les solutions proposées ci-dessus, il peut être intéressant d’identifier la phase dans laquelle on se trouve. Le schéma des étapes de reconstruction post burnout est un bon outil pour se repérer.

Mettre du sens dans son travail ne doit pas se faire au prix de sa santé mentale. Si vous vous sentez concerné, un bilan de compétences peut être une étape clé pour redéfinir vos priorités tout en préservant votre bien-être.
Ressources pour aller plus loin
- Lecture : « Burn-out : comment le repérer et le traiter ? » de Sandrine Vialle-Lenoel.
- Lecture : « Se reconstruire après un burnout : les chemins de la résilience professionnelle”, Sabine Bataille
- Webinaire : « Job à impact : s’engager sans s’épuiser » avec Eglantine Tuaillon
- Compte LinkedIn : Les posts de notre coach Lydie Forêt qui axe son travail sur « Burnout & reconversion »
- Fiche pratique de la HAS : Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d’épuisement professionnel ou burn-out