Reconversion à impact : les questions qu’on se pose tous avant de se lancer (et leurs réponses)

Reconversion à impact : les questions qu’on se pose tous avant de se lancer (et leurs réponses)

La plupart des personnes qui ont réalisé une reconversion à impact sont passées par les mêmes phases de questionnements, de doutes et d’appréhensions. Emmanuelle Lalé, fondatrice du cabinet de recrutement Talent & Impact et Eglantine Tuaillon, facilitatrice et conseillère Mon Job de Sens, partagent leur retour d’expérience et répondent aux questions que tout le monde se pose avant de se lancer dans une transition professionnelle à impact.

Faut-il forcément faire une reconversion professionnelle pour travailler dans l’impact ?

Quand nous pensons reconversion professionnelle à impact, nous avons tout de suite en tête l’image du trader expatrié à Londres qui revient en France dans son petit village natal pour élever des chèvres et produire du fromage bio. 

Si faire table rase du passé et changer radicalement de vie peut convenir à certains, ce n’est pas le cas pour tout le monde. Et c’est tant mieux ! Cela peut amener à ressentir plus facilement le syndrome de l’imposteur dans ses nouvelles missions (mais ce n’est pas une fatalité, loin de là !). De plus, c’est aussi faire une croix sur certaines missions ou aspects (comme l’environnement de travail, vos collègues, le type de management, etc.) de votre précédent métier qui vous plaisaient. Vous avez fait certains choix par le passé pour une bonne raison (ou pas !). 

Dans tous les cas, il est intéressant de prendre un temps d’introspection pour mieux se connaître, faire le point sur ce que vous souhaitez quitter ou garder dans votre quotidien professionnel, ce que vous aimiez faire et ce que vous aimeriez explorer de nouveau. En fonction du bilan que vous tirez, vous aurez une idée plus claire du niveau de changement dont vous avez besoin. 

Une transition n’est pas forcément un grand virage à 180° (c’est pour cela que l’on parle de transition plutôt que de reconversion), et même si c’est le cas, elle peut se faire en différentes étapes. Si certaines personnes ont l’envie de reprendre une formation, d’autres préfèrent garder leur métier et changer de secteur d’activité, ou au contraire, rester dans leur structure, mais en adoptant de nouvelles missions ou bien en intégrant d’autres services, et mener des projets en interne pour amener l’impact au cœur des structures plus classiques. 

Quoi qu’il en soit,  la transition professionnelle parfaite n’existe pas. Le chemin idéal est celui qui répond à vos besoins et correspond à vos envies, il est propre à chacun.e. 

Doit-on nécessairement faire une formation pour se réorienter ?

Suivre une formation n’est pas toujours nécessaire lorsque vous voulez faire une reconversion vers un métier à impact. Il s’agit avant tout de s’écouter. Si vous sentez que vous avez besoin de vous former et que c’est important pour vous, allez-y. Mais prenez le temps de vous interroger sur vos motivations. Si c’est simplement pour vous rassurer ou un moyen de repousser le moment de vous lancer et de chercher un nouvel emploi, ça n’en vaut peut être pas la peine.

Suivre une formation vous sera utile seulement si :

  • Vous avez besoin d’une certification spécifique pour exercer un métier
  • Vous devez acquérir des compétences (pas seulement des connaissances !) ou savoir utiliser un outil particulier (qu’il soit numérique ou manuel)

Derrière cette question se cache souvent le syndrome de l’imposteur et la crainte de ne pas être crédible. La légitimité ne s’acquiert pas seulement avec des formations, mais aussi grâce à vos engagements associatifs, vos lectures, vos recherches personnelles, etc. N’oubliez pas que quelque soit votre expérience passée, vous avez forcément des compétences transférables.

Par ailleurs, il existe plusieurs types de formation qui demandent plus ou moins d’investissement (personnel et financier) et d’engagement. Certains cursus s’étalent sur un an ou plus, mais on peut tout à fait se former sur un temps plus court (de quelques semaines à quelques mois).

Le bilan de compétences va vous permettre de faire le point sur vos aspirations et de vous conforter dans l’idée de reprendre (ou non) une formation qui va servir votre projet professionnel. 

Quels sont les critères importants pour les recruteurs ? 

Nous aurions écrit cet article il y a 10 ans, nous vous aurions répondu qu’en effet, les diplômes constituent le critère le plus regardé. Aujourd’hui, Emmanuelle Lalé constate qu’un recruteur prend davantage en considération l’expérience. Entre un candidat qui sort fraîchement d’un master développement durable et un autre avec 5 ans d’expérience en RSE par exemple, le recruteur va vraisemblablement privilégier la personne avec de l’expérience. 

Un autre critère essentiel pour les recruteurs est le savoir-être. Ces derniers ont besoin de sentir que vous savez ce que vous voulez et les raisons de votre transition.  Quelqu’un qui connaît ses forces, ce dont il a besoin pour s’épanouir dans son travail et l’environnement dans lequel il souhaite évoluer est très apprécié.  C’est pourquoi il est important que votre projet professionnel soit plutôt clair et bien travaillé avant de postuler. Mieux vous connaître et savoir quel chemin vous avez envie de prendre augmente vos chances d’être recruté.e.

Avant de vous engager dans une nouvelle voie professionnelle, assurez vous que le métier que vous visez correspond réellement à vos envies et vos besoins. Pour ça, il est possible de faire du bénévolat, des stages, de contacter des personnes qui occupent le poste que vous convoitez. Ces démarches vous permettront de vérifier que vous n’idéalisez pas un métier ou un secteur, et de vous faire une idée réaliste des différents aspects de celui-ci. C’est en testant et en multipliant les rencontres que vous allez affiner votre projet et réussir votre reconversion à impact.

S’engager dans une association ou un projet à impact peut-il être utile lors d’une reconversion à impact ? 

Le bénévolat associatif, qu’il soit ponctuel ou récurrent, est une excellente manière de compléter son parcours et ses expériences et de démontrer votre intérêt pour des causes environnementales, sociales et/ou sociétales. C’est un bon moyen de découvrir la culture associative ainsi que différentes missions. 

Cette expérience ne pourra qu’être valorisée (sur votre CV et profil LinkedIn notamment), mais aussi vous enrichir dans votre vie professionnelle comme personnelle. Elle va également vous permettre de développer votre réseau. Grâce à cette nouvelle activité, vous allez rencontrer des acteurs du secteur d’activité qui vous plaît et échanger avec des personnes qui ont peut-être vécu elles-mêmes une transition. 

Groupe local d’action, cleanups, tiers lieu, fresque du climat, aide aux personnes en difficulté… Les possibilités sont infinies ! Pour voir les opportunités près de chez vous, jetez un œil au Transiscope, le portail web des alternatives engagées !

C’est sur LinkedIn qu’il faut particulièrement mettre en avant ce type d’expérience. 94% des recruteurs l’utilisent dans leur processus de recrutement. Dans la majorité des cas, il est essentiel d’utiliser ce réseau social pour mettre en action votre transition. Indiquez les domaines qui vous intéressent, les expériences hors professionnelles que vous avez eu, les ressources en lien que vous avez consulté (livres, podcasts, MOOC etc.), partez à la rencontre d’acteurs et de structures dans le secteur que vous visez et faites savoir à votre entourage dans quelle direction vous souhaitez aller. 

Faites apparaître tout ce qui va pouvoir donner des couleurs complémentaires à votre activité principale. LinkedIn est une merveilleuse vitrine de la personne que vous avez envie de montrer et qui vous permet de donner plus d’éléments aux recruteurs qu’un simple CV. Il est important que votre profil soit en adéquation avec la personne que vous êtes ou serez.

Les salaires sont-ils plus bas dans le secteur de l’ESS ? 

Difficile de répondre à cette question car les situations sont très variées selon le secteur, la structure, etc. Évidemment, les salaires sont plus élevés dans les cabinets privés de RSE que dans les associations. Mais au-delà de ces évidence, il est important de noter qu’une baisse des candidatures en 2021 a provoqué une revalorisation des conditions salariales dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. 

Pour avoir un aperçu des salaires dans l’ESS, Orientation Durable, cabinet de recrutement spécialisé dans les métiers de l’économie sociale et solidaire et On Purpose International se sont penchés sur la question avec un  baromètre des salaires de professionnel·le·s en poste dans l’Economie Sociale et Solidaire (ESS).

Au-delà des chiffres, se réorienter est aussi l’occasion de se questionner vis-à -vis de son propre rapport à l’argent. Qu’est ce qu’un “gros salaire” signifie pour vous ? La rémunération est-elle le seul critère déterminant pour choisir un poste ? Est-ce uniquement le montant de votre salaire qui détermine votre valeur ? Le sujet de la rémunération est très personnel puisque nous avons tous des besoins différents. 

Deux éléments sont à prendre en compte.  Le premier est factuel : de quel montant avez-vous besoin pour maintenir votre niveau de vie ? La réponse dépend évidemment de nombreux facteurs (lieu d’habitation, enfants, emprunt, loisirs, etc.).  Le deuxième élément a une dimension plus psychologique : avec cette rémunération, avez-vous la sensation d’être payé.e à votre juste valeur ? Associer ces deux éléments permet d’arriver à un seuil qui vous servira à décliner ou accepter une offre.

Comment bien réussir une transition professionnelle à impact ? 

Prendre un temps d’introspection avant de passer à l’action

Se connaître soi et ses besoins est essentiel pour ne pas reproduire les mêmes erreurs et s’épanouir dans son nouveau travail. Qu’est ce qui fait sens pour vous ? Quels sont les déterminants indispensables pour être bien dans votre job ? Quels sont les sujets/les causes qui vous tiennent à cœur ?  Si l’un de vos besoins essentiels est l’esprit d’équipe, lors des entretiens, vous allez pouvoir vérifier ce point avec le recruteur. Être au clair avec vos aspirations va vous permettre de gagner du temps et de l’énergie au cours de vos recherches d’emploi. 

Etre accompagné.e pour avancer dans la bonne direction, sans tourner en rond

Prendre de la hauteur et être objectif avec soi-même peut paraître difficile. Faire un bilan de compétences, être  accompagné par un.e professionnel.le permet de prendre du recul sur vous, sur ce que vous avez accompli et le chemin qu’il vous reste à faire. 

Le dernier conseil d’Emmanuelle Lalé : écoutez votre cœur 

“Bien souvent, lorsqu’on écoute son cœur, on prend les bonnes décisions et on ose. Dans votre adolescence et dans votre jeune vie d’adulte, au moment de choisir vos études ou de vous lancer dans le monde du travail, le conseil que l’on vous a probablement donné est de choisir une voie professionnelle qui va vous permettre de gagner votre vie. 

Or, votre vie, vous l’avez déjà gagnée. L’important est de savoir comment vous voulez lui donner du sens et ce à quoi vous avez envie de contribuer. La question n’est pas toujours de se demander si vous allez être bon et compétent, car finalement, vous pouvez très bien être compétent sur tout un tas de sujets sans y prendre aucun plaisir. Alors qu’une fois que vous trouverez votre zone de talent, vous serez dans votre plein potentiel. Vous serez doué et vous prendrez du plaisir.”

En savoir plus sur Talent & Impact

Talent & Impact est un cabinet de recrutement qui accompagne à la fois des personnes en transition ou en reconversion professionnelle et des organisations engagées (associations, fondations, ONG ou des entreprises à impact) sur des problématiques de recrutement et les fonctions de direction. Talent & Impact a à cœur de faire évoluer les croyances, les mentalités et les conditionnements, convaincus que ce qui fait le succès recrutement ce n’est pas que les compétences mais avant tout de permettre aux bonnes personnes de se rencontrer et de les aider à être dans leur plein potentiel.

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