Mobilités durables : quels métiers pour travailler dans la transition écologique ?

Mobilités durables : quels métiers pour travailler dans la transition écologique ?

20 Février 2025 Emploi & secteurs

Le secteur des transports joue un rôle majeur dans la transition écologique et fait émerger de nombreuses solutions pour développer des mobilités plus durables : covoiturage, autopartage, vélo, transports en commun ou encore ferroviaire. Derrière ces transformations, de nombreux acteurs recrutent des profils aux compétences variées.

À travers les exemples de Mobicoop et Railcoop, découvrez les métiers, compétences et opportunités professionnelles qui permettent de travailler dans le secteur des mobilités durables.

Les grands enjeux des mobilités durables

Quelques chiffres

Le secteur du transport est celui qui contribue le plus aux émissions de gaz à effet de serre en France (35 % de l’ensemble des émissions nationales). Et c’est le transport routier (marchandises et personnes) qui émet le plus de gaz à effet de serre (94 % du secteur des transports), notamment la voiture particulière et les poids lourds. (source : Commissariat général au développement durable).

Même si les voitures modernes polluent moins qu’avant, la hausse du trafic routier annule ces progrès et fait augmenter le volume total d’émissions. Il est donc primordial de mettre en place des actions afin de réduire ces émissions. 

Les solutions pour réduire les émissions liées aux voitures

Il existe plusieurs solutions pour limiter l’impact environnemental lié à l’utilisation de la voiture particulière :

  • Optimiser les trajets grâce au covoiturage et à l’auto-stop 

En France, une voiture transporte en moyenne 1 à 1,2 personnes par trajet. Remplir davantage chaque véhicule pour chaque trajet permettrait à la fois de réduire le trafic routier mais aussi de réduire l’impact environnemental de chaque kilomètre parcouru par chaque voyageur. Dans la même optique, l’auto-stop permet de réduire les émissions liées aux voitures particulières (téléchargez l’application Rézo Pouce pour faire partie du réseau d’auto-stop organisé de proximité en France). Le covoiturage et l’auto-stop sont aussi une très bonne manière de développer du lien social et de la solidarité. Une pierre, deux coups !

  • Agir à la source en pratiquant l’autopartage 

Le principe est de pouvoir louer une voiture en libre-service de manière régulière ou occasionnelle plutôt que d’en acheter une neuve. Louer une voiture permet de réduire les émissions liées à la construction de véhicules neufs. 

Pour en savoir plus : réseau coopératif Citiz 

  • Privilégier le train pour les longues distances et les transport en commun pour les courtes distances

Un trajet en TGV produit 26 fois moins d’émission qu’une voiture (et 45 fois moins par rapport à l’avion).

Le tramway est le transport en commun le moins polluant . 

  • Développer l’usage du vélo 

Les trajets en vélo ne représentent que 2 % des trajets domicile-travail. Plusieurs structures de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire) travaillent sur le développement de ce transport notamment à travers la mise en place d’ateliers de réparation de vélo ou le service de transport de marchandises ou de déménagement à vélo par exemple. 

Vers des mobilités plus durables : des acteurs nombreux et qui recrutent

Nous l’avons vu avec quelques exemples : opérer une transition écologique des transports passe, entre autres, par le développement d’alternatives à l’utilisation de la voiture particulière avec un usage plus fréquent des mobilités durables.

Depuis des années, de nombreux acteurs de la transition écologique et solidaire œuvrent pour faire bouger les lignes dans ce secteur : L’atelier Remuménage, service de déménagement écologique et solidaire, Citiz, réseau coopératif d’opérateurs de mutualisation de moyen et de développement de l’autopartage, VAZY, une application pour récompenser l’utilisation des mobilités durables, etc.

Nous avons échangé avec deux d’entre elles, à la fois innovantes et présentes sur tout le territoire français : Mobicoop et Railcoop.

Mobicoop et Railcoop : exemples de métiers chez des acteurs engagés dans le secteur du transport

La coopérative Mobicoop créée et déployée pour les territoires avec ses parties prenantes 

Mobicoop est une société coopérative d’intérêt collectif qui accompagne les entreprises et les collectivités territoriales dans le déploiement de solutions de mobilité partagée permettant d’améliorer ou redonner de la mobilité sur différents territoires. 

Trois valeurs fondamentales sont mises en avant chez Mobicoop : 

  • Valeur environnementale : promouvoir une mobilité responsable et raisonnée 
  • Solidarité : pas de commission pour les utilisateurs, prendre un auto stoppeur, proposer le transport solidaire (un.e conducteur.trice se met à disposition gratuitement pour véhiculer une personne et redonner de la mobilité)
  •  Partage des connaissances : logiciels développés en open source, accompagnement dans les changements de comportement. Leur outil de mesure est le nombre d’utilisateurs et pas le nombre de clients.

La raison d’être de Mobicoop est de questionner sur notre façon de bouger et d’essayer d’apporter collectivement et collégialement des réponses. 

Travailler chez Mobicoop, les métiers qui recrutent :

  • Chef.fe de projet : conseille, accompagne et guide des clients dans le déploiement des outils proposés aux habitants
  • Développeur web : développe des interfaces web adaptées aux besoins des clients (Intranet, sites internet, d’applications web ou d’outils en ligne)
  • Animateur.trice de transition : accompagne  les habitants pour que ces derniers s’approprient les outils développés pour eux et crée des dynamiques territoriales
  • Chargé de développement commercial 

Railcoop, redonner du sens à la mobilité ferroviaire en impliquant citoyens, cheminots, entreprises et collectivités

Railcoop est la première entreprise ferroviaire à statut coopératif créée en 2019. Elle a plusieurs enjeux : reconnecter les territoires entre eux et leur redonner de l’attractivité, un enjeu environnemental ainsi que celui de faciliter l’accès du ferroviaire pour des publics qui ont des difficultés à prendre le train. 

Leur objectif est de ramener de la mobilité ferroviaire pour les marchandises et les voyageurs sur des territoires et des lignes qui ne sont plus exploitées. Leur premier projet est le développement d’une ligne Bordeaux-Lyon, avec l’intention de développer ensuite 10 autres lignes sur tout le territoire français.  

Travailler chez Railcoop dans l’un de leur pôle :

  • Pôle de développement/conception de l’offre 
  • Pôle de production de l’offre : personnel roulant c’est-à-dire conducteur, agent de bord, agents en garde et logisticiens
  • Pôle financement et partenariat
  • Pôle moyen généraux : RH, comptable, communication
  • Pôle sécurité  

Retrouvez leur offre d’emploi directement sur leur site internet : https://www.railcoop.fr/railcoop-recrute/

Coopératives et territoires : un travail collaboratif

Railcoop et Mobicoop apportent des éléments supplémentaires aux réflexions des collectivités locales (développement d’un quartier de gare, de vélo en libre-service ou d’autres modalités). Les coopératives interviennent aussi sur des questions de revalorisation de quartier autour de la gare, du covoiturage, du vélo, des voies vertes. 

Parmi les sociétaires de Railcoop et Mobicoop, on retrouve des collectivités territoriales. Cela permet un service qui soit vraiment adapté aux besoins des territoires et des citoyens. Une des forces des sociétés coopératives d’intérêt collectif est de pouvoir fédérer avec agilité des acteurs qui vont travailler ensemble sur un même territoire (collectivités, associations, citoyens).

Recrutement et marché de l’emploi chez les acteurs des mobilités durables

Au-delà des compétences requises, le savoir-être reste un élément important dans les processus de recrutement dans ce type de structure. Les coopératives ont une façon de fonctionner bien à elles, et il s’agit de recruter des personnes en phase avec ce fonctionnement.  

Avoir des connaissances dans l’ESS n’est généralement pas un critère déterminant. Cela dépend bien sûr du type de poste, du profil du candidat, etc. Les postes en lien avec la gestion de la vie coopérative demandent davantage d’expérience et de connaissances du monde l’ESS qu’ un conducteur de train par exemple. Dans tous les cas, c’est beaucoup plus intéressant pour une organisation d’avoir des profils diversifiés car elle enrichit l’intelligence collective.

La volonté de Railcoop est aussi de pouvoir recruter sur certains emplois, des personnes sans forcément de qualifications pour les former et donner cette opportunité à des demandeurs d’emploi ou des personnes sans expérience selon leur appétence, leur intérêt, leurs valeurs communes et leur potentiel. 

Le secteur étant en plein développement, les structures des organisations sont en mouvement perpétuel et ont de nouveaux besoins. Cela ouvre donc des opportunités aux candidats, qui ne doivent pas s’abstenir de postuler s’ils ne remplissent pas 100 % des critères mentionnés dans une offre d’emploi. 

Rémunérations et avantages à travailler pour une coopérative

Railcoop et Mobicoop ont un agrément “entreprise solidaire d’utilité sociale” ce qui implique un plafonnement des rémunérations avec un écart salarial compris entre 1 et 7 en partant du SMIC. Mobicoop a fait le choix d’avoir un écart salarial entre le plus bas salaire et le plus haut salaire de 1 à 5. En fonction des résultats de la coopérative et des perspectives, l’objectif est de faire progresser les salaires dans la grille salariale pour que chacun se retrouve. 

Chez Railcoop et Mobicoop, la rémunération fait partie des critères de fidélisation de leurs salariés. Mais il existe d’autres éléments tels que la couverture mutuelle, cette volonté chez Railcoop d’être dans un esprit de co-construction sur les différents projets pour que chacun puisse être pilote et animer un groupe de travail. 

Un grand merci à Bénédicte Rozès, directrice générale et RH chez Mobicoop et Stéphane Argentiéri, directeur des ressources humaines et du dialogue social chez Railcoop pour leur précieuse contribution.

FAQ

Quels métiers peut-on exercer dans les mobilités durables ? Le secteur des mobilités durables rassemble des métiers très variés : chef·fe de projet, développeur·se web, animateur·trice de transition, chargé·e de développement commercial, communication, ressources humaines, logistique ou encore métiers liés au ferroviaire.

Comment travailler dans la mobilité durable ? Il est possible de rejoindre une entreprise, une coopérative, une association ou une collectivité qui développe des solutions de mobilité durable. Les parcours peuvent être très différents selon les métiers et les compétences recherchées.

Quelles compétences sont recherchées dans les métiers de la mobilité durable ? Les structures du secteur recherchent des profils diversifiés, avec des compétences en gestion de projet, développement commercial, numérique, animation territoriale, communication, ressources humaines, logistique ou encore production et exploitation ferroviaire. Les savoir-être et la capacité à travailler dans un fonctionnement coopératif peuvent également être pris en compte.

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