Agathe, du droit au conseil environnemental

Afin de vous aider à trouver le job de sens qui est fait pour vous, des heureux travailleurs ont gentiment accepté de partager un bout de leur histoire…

Qui es-tu ?

« Je suis Agathe Pietrantoni, facilitatrice en intelligence collective et formée au co-design. J’ai co-fondé, avec Solenn Assathiany, Mélibée qui accompagne les organisations dans leur transformation environnementale et sociétale en mobilisant l’intelligence collective de leurs parties prenantes. Nous développons actuellement 2 axes complémentaires : la formation des dirigeants aux enjeux environnementaux et sociétaux et l’accompagnement des organisations à la certification B-corp.

Par ailleurs, j’ai co-fondé l’association Les Impactrices qui a pour objet d’inspirer, connecter et accompagner les femmes actrices de la transition environnementale et sociétale.  Nos 3 valeurs sont : l’inclusivité, le plaisir et l’expérimentation. »

Quel est ton parcours ?

« Relativement linéaire pendant une bonne partie de ma vie : Bac L , prépa littéraire, droit, puis juriste pendant près de 9 ans dans une autorité administrative en charge de la régulation des telecoms.

Beaucoup plus mouvant, riche et inattendu ces deux dernières années avec la création de Mélibée et mon passage dans le monde de l’entrepreneuriat. »

Comment s’est passé ton déclic pour chercher ton job de sens ?

« En 2018, j’ai eu l’occasion de prendre de la hauteur grâce à un congé maternité qui m’a donné du temps pour m’intéresser à des sujets que j’avais laissés de côté. C’est à ce moment que j’ai lu pour la première fois le rapport du Giec, qui comparait les conséquences d’un réchauffement de la planète à + 1,5° vs +2° C. Il posait également une date butoire : 2030. Enorme claque. J’ai pris conscience de l’urgence à agir et du peu de temps qu’il nous restait. 

En parallèle, je souhaitais changer de travail mais je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire. J’ai pris un congé parental. Rapidement, j’ai fait le MOOC de Ticket for change, j’ai découvert l’entrepreneuriat social et l’ESS. A partir de là, j’ai assisté à un grand nombre de conférence sur ces sujets. Je me suis rapprochée de la communauté Ticket for change et Make Sense. C’est notamment à leur contact que j’ai découvert la puissance de l’intelligence collective. Puis j’ai fait Switch Collective (à l’époque, je ne connaissais pas encore Mon job de sens). Le travail sur mes valeurs, talents et blocages a été une révélation. A l’issue des 6 semaines du programme, j’ai décidé d’arrêter le droit et les telecoms. 

Ensuite, ça a été une série de petits pas et de rencontres, dont celle avec Solenn qui a été capitale pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. »  

Quel rôle a eu Mon Job de Sens dans ton parcours ?

« Avec le recul, je me rends compte que Mon job de sens a joué un rôle très important dans mon parcours. 

J’ai participé à un atelier en janvier 2019 intitulé « Booster ma candidature dans l’ESS ». Je cherchais alors à me réorienter dans l’ESS – très attirant quand on cherche du sens – sans y parvenir. Pour la petite histoire, 10 jours avant cet atelier, je dîne avec Solenn que je connaissais alors très peu qui m’informe qu’elle est aussi inscrite à cet atelier. Après l’atelier, on s’est donné rdv toutes les semaines pour mettre en application ce qu’on y avait appris et chercher du travail. Trois semaines plus tard, on décidait de monter Mélibée.

Par ailleurs, Clotilde, Souba et Fanny les 3 autres co-fondatrices des Impactrices ont toutes fait le parcours de Mon job de Sens. C’est d’ailleurs dans ce cadre que Fanny et Clotilde se sont rencontrées.

Enfin Tristan, qui est un de nos partenaires, fait également partie de cette grande famille Mon job de Sens.

Pour moi, Mon job de Sens c’est une communauté, qui partage des valeurs fortes, qui a envie de changer le monde en commençant par se transformer soi. Cela crée des liens puissants entre les membres de la communauté et de la solidarité. » 

Quels apprentissages as-tu envie de nous partager sur ton cheminement vers un job de sens ?

« Je dirai qu’il y a trois étapes nécessaires dans cette quête : 

La première étape, qui est fondamentale, est de travailler sur ses talents, découvrir son Ikigai. C’est à partir de cette boussole qu’on va pouvoir tracer un chemin pour trouver son job de sens mais également, une fois qu’on l’a trouvé, pour continuer à faire les bons choix. On devrait rendre l’Ikigai obligatoire au lycée !

Une phrase a beaucoup résonné chez moi au début de mon parcours « quand tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens ». Avec le recul, ça me parait extrêmement vrai. C’est en repartant de mes valeurs et mes talents que, peu à peu, j’ai identifié où il fallait que j’aille.

La deuxième étape est de rencontrer des gens : au début des amis, amis d’amis, réseau professionnel et on élargit de plus en plus. Quand vous êtes introduit par quelqu’un et que vous demandez un retour d’expérience, la réponse est quasiment toujours positive. J’ai multiplié les cafés et déjeuners, ce que je n’avais jamais osé faire avant. J’ai rencontré des gens formidables, différents de mon cercle habituel, ça m’a énormément nourrie dans ma démarche.

La troisième étape est d’expérimenter. La stratégie des petits pas. Cela peut être d’expérimenter dans un cadre associatif :  Make sense et les Impactrices par exemple ont été des formidables terrains de jeu pour moi. J’y ai expérimenté un grand nombre d’ateliers d’intelligence collective qui m’ont aidée à prendre confiance, à affiner ma posture de facilitatrice, à tester des formats. »

Tu as choisi de te lancer dans l’entrepreneuriat avec Mélibée, quels sont tes apprentissages ?

« L’entrepreneuriat est très valorisé aujourd’hui mais il ne faut pas sous-estimer l’énergie que cela prend et le risque de précarité que cela peut engendrer si l’aventure ne fonctionne pas ou met du temps à décoller.

Aujourd’hui il existe beaucoup d’accompagnements, surtout à Paris, pour les entreprises qui se lancent. Il ne faut pas hésiter à s’appuyer dessus, cela permet de bien structurer les choses dès le départ et de gagner du temps.

Pour Mélibée, nous avons été accompagnées par un programme de la BGE qui nous a notamment amenées à faire un business plan et réfléchir à nos rôles respectifs. Puis, nous avons suivi les trois « Sprint » de Make Sense intitulés « Passer de l’idée à l’action », « Prototypage », « Modèle économique ». Je les recommande vivement pour les projets à impact.

Dès le départ, nous avons fait le choix d’intégrer une Coopérative d’activités et d’emploi (CAE), ce qui permet d’avoir le statut d’entrepreneur.e salarié.e à partir du moment où on est en capacité de se rémunérer. Avant cela, on bénéficie d’un CAPE (contrat  d’appui au projet d’entreprise) qui permet de continuer à bénéficier de ses allocations chômage tout en commençant à facturer pour le compte de la coopérative.

L’entrepreneuriat est une très chouette aventure où on apprend et se réinvente en permanence mais idéalement je pense que c’est bien d’être au moins deux, pour ne pas s’épuiser. Si on choisit de se lancer seul.e, rejoindre une CAE peut être une option très intéressante pour ne pas être isolé.e et être soulagé.e sur les aspects administratifs. » 

Quelque chose à ajouter ?

« Je n’ai pas parlé d’un élément qui est central dans ma réorientation : la formation. Dès le départ, nous nous sommes formées à l’intelligence collective et à l’innovation responsable. Je suis en train de finir le DU de co-design du CNAM et de Codesign-it. Nous nous sommes formées pour devenir formatrices. Nous nous formons actuellement pour accompagner des entreprises à devenir B-corp. Quand le job de sens qu’on choisit amène une réorientation, la formation apparait comme une étape nécessaire pour avoir les compétences et être légitime, même si beaucoup de choses s’apprennent aussi en lisant et en pratiquant. 

L’autre message que j’ai envie de faire passer, notamment à toutes celles et ceux qui sont encore en poste c’est qu’un job de sens, peut aussi consister à faire bouger les choses de l’intérieur.

Parfois, votre impact sera même peut-être encore plus fort en restant dans votre structure et en plantant des graines du changement qu’en en sortant. En intervenant avec Mélibée, nous avons constaté deux choses : la première est que lorsqu’on donne l’espace nécessaire aux collaborateurs.trices  et qu’on actionne les bons mécanismes participatifs, ils/elles identifient parfaitement ce qui pourrait être amélioré dans leur entreprise et sont en mesure de proposer des solutions très pertinentes. Cela peut aller jusqu’à la co-construction du plan de transformation environnementale et sociétale de l’organisation.

La seconde, c’est qu’en réalité peu de personnes sont insensibles à la destruction de la planète et du vivant dès lors qu’elles ont été sensibilisées à ces sujets. Or, amener à une prise de conscience au sein de son organisation peut commencer par des petites choses : organiser une fresque du climat, faire un atelier de co-construction ou son séminaire annuel sur comment améliorer le fonctionnement de mon entreprise pour le rendre plus durable… Une fois que la prise de conscience est là et qu’on a identifié ses allié.e.s, on a les clés pour commencer à mobiliser et aller plus loin dans la transformation. » 

Un grand merci, Agathe, pour ton témoignage !

Pour en savoir plus sur Mélibée, c’est ici !


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