Portrait d’un job de sens #2, Benoit à l’École du Compost

Afin de vous aider à trouver le job de sens qui est fait pour vous, des heureux travailleurs ont gentiment accepté de partager un bout de leur histoire …

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Benoit Wulveryck, Formateur et maître composteur à l’Ecole du Compost

1. Qui es-tu ? A quoi ressemble ta vie professionnelle ?

« Je m’appelle Benoit, 51 ans, et suis maintenant maître composteur. Cette activité consiste à transmettre du savoir pour aider au compostage qu’il soit individuel, mais plus encore collectif. Cela consiste d’une part à former des référents de site, des guides et des maîtres composteurs, qui à leur tour aideront à la mise en place des sites de compostage. D’autre part, suite à des réponses à des appels d’offre (généralement de collectivités) à la mise de place de site de compostage partagé en pied d’immeuble ou en quartier. »

2. Quel est ton parcours et comment s’est passé ton déclic pour chercher ton job de sens ?

« J’ai fait ma carrière dans les arts graphiques comme technicien pré-presse (partie technique pour la fourniture de matériel imprimable aux imprimeurs). J’ai passé 23 ans dans un grand groupe de presse, et avait un job assez chouette avec beaucoup d’autonomie et une base intéressante (la résolution des problèmes techniques). Parallèlement, j’étais déjà très investi dans le compostage dès 2008 avec des activités bénévoles sur ce thème (jardinage et compostage). Lorsqu’un énième plan social a été lancé dans ma boîte, mon poste (ou celui de mon binôme) était directement visé, ce qui m’a amené à réfléchir à mon avenir. Ayant envie de sauter le pas et de me reconvertir, j’ai opté pour un bilan de compétences qui m’a vraiment aider à le faire. »

3. Comment es-tu arrivé dans ton job actuel ?

« J’ai eu la chance d’être accompagné, même si mon profil et mes envies sortaient du « moule » institutionnel et provoquaient des incompréhensions du cabinet de reclassement. Je me suis lancé individuellement, mais avec un réseau naissant et une association que j’avais monté avec des amis. Dans les premiers temps, l’important a été de développer le réseau autour de moi, de continuer à me former, et à provoquer les possibilités d’interventions et de travail. J’ai aussi eu la chance de ne pas avoir de souci d’argent tout de suite avec la prime de licenciement, cela aide vraiment à ne pas avoir trop de pression. »

4. Questions pratiques : comment gères-tu ton équilibre vie pro/vie perso ? Comment se déroulent tes journées de travail ? Accepterais-tu de dire quel est ton salaire ? (ou au moins un ordre de grandeur?)

« Sur l’équilibre vie pro/vie perso, on touche un peu les difficultés à trouver un équilibre. Le fait que son travail fasse vraiment sens, et amène à une autre philosophie de vie et de partage, n’aide pas à différencier les choses. Avec la gestion du temps, c’est toujours un tâtonnement pour trouver le bon équilibre, d’autant qu’en travaillant auprès des particuliers, les horaires sont en partie en soirée et le week-end, surtout en période de pleine activité (le travail reste assez saisonnier). Cette activité m’amène donc à beaucoup bouger, ainsi qu’à beaucoup de rencontres, c’est ce qui en fait aussi la richesse. Pour le reste, il y a bien des choses moins agréables (la partie administrative par exemple) mais qui se case facilement dans les trous de l’emploi du temps. Pour le salaire c’est difficile de savoir exactement aujourd’hui parce que je suis encore pour quelques semaines au chômage, mais je pense pouvoir dégager 35 000€ de chiffres d’affaires ce qui fait à peu près la moitié en salaire annuel. L’argent n’est pas vraiment le moteur dans ma situation, vous l’aurez compris ! »

5. Quel serait ton conseil pour quelqu’un qui cherche son job de sens ? Est-ce que ton secteur recrute ?

« Le bilan de compétences m’a vraiment été utile, et d’une manière générale, je pense qu’il faut s’aider de regards extérieurs pour s’aider. Ayant intégré Coopaname, j’y retrouve aussi, même si j’en ai moins besoin, cette aide extérieure et bienveillante. Le fait que son activité ait du sens, pour soi bien sûr, mais surtout pour le public que l’on touche est un formidable moteur et aide à la réussite de son projet. Il y a encore beaucoup à faire dans la prévention des déchets, et il y a de la place pour de nouveaux acteurs. »

6. As-tu quelque chose d’autre que tu souhaiterais partager ?

« Ce que j’apprécie beaucoup dans cette reconversion, c’est le fait de rencontrer énormément de monde, pratiquement toujours positifs, essayant toujours de mettre en pratique, des gens qui veulent et peuvent faire; les discours sont une chose, mais mettre en pratique, même modestement en est une autre, autrement plus valorisante. L’autre aspect qui ne me fait pas du tout regretter, est le fait que je progresse de jours en jours (acquisition de nouveaux savoirs, rencontres éclairantes, formation continue, …) et que j’arrive (grâce au compost et à la vie des sols) à avoir une compréhension personnelle du monde du vivant, une cohérence des cycles de vie, qui place l’homme dedans et fait vraiment sens; et je suis loin d’être un mystique. »

Merci Benoit !

Laura Caniot-Genevois

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